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Déconfinement: où sont les sanctions, monsieur Arruda?

Déconfinement: où sont les sanctions, monsieur Arruda?
Photo Stevens Leblanc

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Pour ceux qui pensent que la société fonctionne grâce aux recommandations et au bon vouloir, j’ai peur de vous décevoir. Ça prend des sanctions pour les récalcitrants, sinon c’est l’anarchie.

Pensez-vous que les gens se stationneraient au bon endroit si on ne donnait pas de tickets? À quelle vitesse rouleraient les gens sur l’autoroute s’il n’y avait pas de sanctions? Pourquoi devons-nous donner un casier criminel à quelqu’un qui conduit un véhicule quand il a pris de l’alcool?

On a fait des efforts incroyables pour tenter de ralentir la propagation du virus. Beaucoup de sacrifices ont été faits. Des dommages importants ont été causés à l’économie et à la santé mentale de la population. La gestion de la crise n’a pas été parfaite, mais si on se compare, on se console. On semble avoir pris le dessus et c’est pourquoi on se déconfine maintenant pour reprendre une vie normale. C’est logique, c’est voulu, mais pour ce faire, il y a des directives claires et strictes qui sont données aux gens et à toutes les industries pour ne pas revenir en arrière. Je suis sûr que vous n’aimeriez pas entendre aux nouvelles, dans quelques semaines, votre premier ministre François Legault vous annoncer que le Québec doit revenir à l’application des mesures de confinement du mois d’avril parce que la mortalité due à la COVID-19 a monté en flèche, ou pire (parce que oui, croyez-le ou non, ça pourrait aller plus loin), que le gouvernement Trudeau a activé la loi fédérale sur les mesures d’urgence sanitaire. 

C’est simplement pour vous faire comprendre que le déconfinement que nous vivons en ce moment, tout ça n’est possible que dans la mesure où on respecte les règles...

Mais les respectons-nous?

Croyez-vous qu’on peut se fier à la bonne foi de toute la population? Mon cœur d’idéaliste humaniste aimerait tellement répondre oui, mais en restant lucide et réaliste, je crois que la réponse est clairement: NON. C’est décourageant de voir ce qui se passe. Je pense à ce qui s'est passé cette semaine dans certains bars; je pense à une multitude de situations ou les gens ne respectent aucunement les directives. Allez seulement vous promener et vous vous en rendrez compte. Certains disent même que le virus n’existe pas ou que c’est seulement une grosse grippe. Ils n’ont certainement pas un proche qui en est décédé... 

Le pire c’est que tout le monde est plein de bonnes intentions, mais une fois rendu au «party», au diable les règles! On n’a plus peur... On a oublié, on pense que c’est derrière nous. Ce n’est pas vrai! Regardez ce qui se passe en Europe et aux États-Unis, où on reconfine. C’est dramatique... et tout ça, après tant d’efforts et de dommages...

Malgré l’importance pour un mieux-être collectif, pourquoi les règles ne sont-elles pas respectées par toute la population? 

C’est malheureux, mais c’est parce qu’il n’y a pas assez de sanctions pour les récalcitrants. L’exemple n’est certainement pas donné. On laisse faire. Le gouvernement doit agir maintenant et faire respecter les règles. Faire comprendre que si elles ne sont pas respectées, il y aura des contraventions salées ou des fermetures d’établissements.

Monsieur Arruda disait cette semaine qu’il pouvait être très méchant. Je le crois, il a la loi pour «mettre ses intentions à exécution»... Comme je dis souvent, elle a des dents, cette loi sur la santé publique, et le gouvernement l’a utilisée jusqu’à maintenant avec beaucoup de modération, si l’on considère l’ampleur de la crise. Attention, on n'a absolument rien vu des pouvoirs qu’elle donne.

Monsieur Arruda, il est temps de se fâcher et de faire appliquer les règles pour se déconfiner sans devoir retourner en arrière. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour agir. Il faut que ce soit fait avant de se retrouver dans des situations de reconfinement comme celles que vivent les États-Unis et l’Europe. Il ne faut pas que la population se relâche et il ne faut pas non plus que les autorités sanitaires se relâchent. On ne vous en voudra pas de vous fâcher à ce moment précis, bien au contraire, l’Histoire vous en sera reconnaissante.

J’ai le regret de vous annoncer qu’en société, ce n’est pas la carotte qui fonctionne, mais le bâton. Il y aura toujours des gens qui ne comprennent qu’avec des punitions... Mon cœur d’idéaliste saigne, mais mes yeux de pragmatique voient l’urgence à sonner et les délinquants à sanctionner, pour que l’exemple fasse jurisprudence et que je jubile que nos parents sains et saufs dans cinq ans me disent: «Ah! Ben voyons! Cette courbe que vous avez mis tant d’effort à aplatir était pourtant tellement si plate!»

L’autre scénario est une horreur et nous devons tout faire pour qu’on nous traite un jour très bientôt d’alarmistes avec une tape sur l’épaule.