/opinion/columnists
Navigation

Il y a plus grave qu’être niaiseux

CANADA-POLITICS-HEALTH-VIRUS-ECONOMY-FOOD
Photo AFP Justin Trudeau

Coup d'oeil sur cet article

La journaliste australienne Rita Panahi a déjà dit que Justin Trudeau était le Kim Kardashian des leaders politiques.

Pour être sûre que l’on comprenne, elle avait ajouté qu’il avait la profondeur intellectuelle d’une flaque d’eau.

La pandémie a pourtant été payante pour la cote de popularité de Justin.

Il sortait tous les matins prendre l’air et, derrière son petit lutrin, loadait notre carte de crédit pour des années.

Il le faisait en répétant inlassablement sa cassette : Justin sait que c’est dur, mais Justin vous assure que le gouvernement fédéral sera là pour vous.

Oups !

Puis Justin sort un autre lapin de son chapeau.

L’organisme WE Charity recevrait 19,5 millions $ pour administrer un programme de 900 millions $ visant à subventionner le bénévolat chez les jeunes.

Sophie Grégoire-Trudeau est « l’ambassadrice » de WE Charity, la mère de Justin s’y implique, et les deux dirigeants, les frères Kielburger, sont de généreux donateurs au PLC.

Ce sweet deal entre copains s’est fait sans appel d’offres et confidentiellement.

Justin nous explique que la fonction publique l’assure que cet organisme était le seul en mesure d’administrer ce programme.

Les méchants médias ont évidemment voulu voir le mémo du fonctionnaire qui dit cela.

Vendredi, Justin annule tout en catastrophe.

La fonction publique fédérale redevient soudainement assez compétente pour gérer ce programme.

Justin n’a pas admis d’erreur. Il a simplement jugé l’affaire « regrettable ».

Le commissaire à l’éthique va donc, pour la troisième fois, enquêter sur Justin.

Les deux premières fois – ses vacances familiales sur l’île privée d’un leader religieux et son rôle dans l’affaire SNC-Lavalin – lui valurent des blâmes.

Cette fois, faisons gagner du temps au commissaire à l’éthique. L’article 6.1 de la Loi fédérale sur les conflits d’intérêts se lit ainsi :

« 6 (1) Il est interdit à tout titulaire de charge publique de prendre une décision ou de participer à la prise d’une décision dans l’exercice de sa charge s’il sait ou devrait raisonnablement savoir que, en prenant cette décision, il pourrait se trouver en situation de conflit d’intérêts. »

Assez clair, non ?

Pour moi, il y a encore plus fatigant que le fait que Trudeau est un récidiviste pour les entorses à l’éthique.

Le plus agaçant, c’est cet agacement qu’il exprime quand on ne se laisse pas endormir par la noblesse de la cause qu’il proclame.

Car c’est toujours ainsi avec Justin : le vertueux chevalier vole au secours des jeunes et de toutes les minorités « opprimées ».

Comme la cause est noble, tout le reste est sans importance, des peccadilles, et seuls des esprits bornés pourraient chipoter.

Nous ne pouvons pas tous avoir sa hauteur de vues et sa noblesse de cœur, n’est-ce pas ?

Prétentieux

Et pourquoi se met-il encore et encore les pieds dans les plats ?

Parce que né avec une cuillère d’argent dans la bouche, né au troisième but de la vie, il pense que les règles usuelles ne s’appliquent qu’à vous et moi.

Lui, il est très au-dessus de cela.

Et cette arrogance suffisante et prétentieuse, c’est pas mal plus grave que ses limites intellectuelles.