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La clé dans la porte... ça presse!

Le sport professionnel, il vous manque?

La clé dans la porte... ça presse!
Photo d'archives Martin Chevalier

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Ça fera bientôt quatre mois que le sport professionnel a été presque complètement arrêté. La COVID-19 a forcé la fin de presque toutes nos activités de divertissement d’un seul coup.

C’est vrai pour le sport, mais aussi pour la musique, le théâtre, les téléromans, les restos, bref... pour cause de pandémie et de nécessaire distanciation sociale, chacun chez soi. 

  • ÉCOUTEZ la chronique de Steve E. Fortin avec Vincent Dessureault à QUB radio:

Personnellement, le sport est une grande part de mes divertissements. Les pratiquer, les regarder, écouter les analystes, anticiper un match crucial, un tournoi prestigieux. 

J’écoutais le hockey, pas nécessairement le Canadien, équipe terne au possible, mais pour le sport lui-même. Mais en ce moment, les grands tournois de tennis, les courses cyclistes, voilà ce qui me manque le plus. 

Quel bonheur que de travailler en écoutant Richard Virenque faire le guignol, parfois, mais analyser avec finesse le Tour de France. Et que dire de Cliff Drysdale, qui analyse le tennis de Wimbledon? Un match de cinq sets et de plus de quatre heures... Ça te passe un avant-midi de travail, ça! 

Ça me manque. 

Toutefois, j’ai beaucoup de difficulté à m’intéresser aux ligues qui font des pieds et des mains pour organiser un retour au jeu à la va-vite pour tout faire afin de minimiser les pertes dues à la pandémie. Quelle valeur aura la coupe Stanley cette année? Et combien de temps avant que des joueurs de la LNH n'imitent des joueurs du baseball professionnel et ne décident que le retour au jeu n’en vaut pas la chandelle?

Pour leur santé, pour celle de leur famille ou pour éviter d’être coupés d’elles pour pratiquer un sport non plus par passion, devant leurs partisans, mais comme un boulot, dans des arénas vides, pour sauver les fesses de leurs patrons. 

L’équipe de soccer de Dallas, dans la MLS, vient de déclarer forfait et de se retirer du tournoi de sauvegarde de la saison du soccer américain. Plus d’une dizaine de cas de COVID-19. 

Au basketball, les cas se multiplient et, à la phase 2 du retour au jeu de la LNH, c’est la même chose. A-t-on vraiment besoin de ça? Pire, cela ternit le sport lui-même quand les ligues décident de foncer malgré tout. 

Non, vraiment, il faut stopper tout ça. 

Il faut que le bon sens prévale, que le sport professionnel donne l’exemple et se rétracte, qu’il abandonne les demi-saisons, les tournois organisés à la hâte. Il faut penser à la prochaine saison. Dans la LNH, les proprios ont sacrifié des saisons entières pour imposer leur vision de l’organisation de leur sport. 

Une pandémie mondiale, il me semble que c’est une sacrée bonne raison de mettre la clé dans la porte. Surtout qu’ils l’ont fait avant. 

On a appris à vivre sans sport. Dans mon cas, ce temps est facilement investi ailleurs. Si les conditions le permettent et que la LNH revient en force en octobre, en janvier prochain, n’ayez crainte... je suis un fan, je serai au rendez-vous. Comme je ne manquerai pas le prochain Tour de France qui sera couru en juillet, sur les cols français et européens. 

Pour l’heure, au moment où, dans plusieurs pays, les courbes repartent à la hausse, il me semble que la pire idée est de faire venir des athlètes de partout dans le monde pour que ceux-ci convergent à Toronto et Edmonton – dans le cas des matchs prévus dans la LNH –, même au sein de «bulles sécurisées», comme on le stipule dans l’entente de retour au jeu.

Une clause a été prévue, dans l’entente entre la LNH et les joueurs, pour que le tournoi estival soit interrompu à tout moment dans le cas d’une éclosion de cas de COVID. 

Imaginons que la LNH soit contrainte, cette fois, à l’abandon de son tournoi de sauvegarde de la saison... En plus d’éclosions dans deux villes canadiennes.

A-t-on vraiment besoin de ça? 

Mettez la clé dans la porte. On se reverra à l’automne, si la situation le permet.