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La saga de la pyrrhotite se poursuit en Mauricie

SNC-Lavalin veut revoir le partage des responsabilités

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TROIS-RIVIÈRES | Les assureurs d’SNC-Lavalin affirment qu’ils pourraient être contraints de retourner chercher de l’argent dans les poches des victimes de la pyrrhotite s’ils n’ont pas de délais supplémentaires pour payer leur part des 210 millions $ qui leur sont dû.  

Les assureurs ont martelé cet argument devant la juge Dominique Bélanger de la cour d’appel, lundi, par viscioconférence. 

SNC-Lavalin a été trouvé coupable de 70% des 210 millions $ de dommages causés aux maisons des 857 plaignants du premier procès de la pyrrhotite, un minerai qui fait craquer le béton. 

La firme demande maintenant à la Cour suprême de revoir le partage des responsabilités.  

Or les assureurs avancent désormais que si ce pourcentage était revu à la baisse, ils pourraient avoir trop dédommagé les victimes. 

« Il serait de toute évidence injuste de faire peser cette épée de Damoclès-là sur la tête des [victimes], à savoir qu’ils pourraient se retrouver dans une situation où ils auraient à rembourser les assureurs d’SNC », a mentionné Me Gabriel Lefebvre, qui représente l’assureur Lloyd.   

Tant l’avocat des victimes que l’avocat d’SNC-Lavalin ont rappelé que les assureurs pourraient simplement demander la balance à SNC-Lavalin. 

« Il n’y a personne qui va me faire accroire que les assureurs vont se mettre à courir après les demandeurs. Il est clair qu’ils vont faire une demande à SNC-Lavalin », a résumé l’avocat de la firme, Mario Welsh. 

Rappelons que cette saga s’est amorcée il y a une douzaine d’années, quand de premiers propriétaires de maison, construites au tournant des années 2000, ont constaté que leurs fondations craquaient.

Difficultés financières?  

Les avocats des assureurs ont par ailleurs laissé planer le doute sur la santé financière de SNC-Lavalin. 

« Il y a une allégation, un aveu judiciaire, dans une de leurs procédures, de difficultés en lien avec la covid », a mentionné Me Ruth Veilleux, qui représente l’assurance Zurich. 

Me Pierre Soucy, qui représente les victimes, ne s’est pas laissé impressionner. 

« SNC-Lavalin, qui est une compagnie publique, a publié le 7 mai 2020, qu’elle disposait de 2,1 milliards de trésorerie disponible, en plus de un milliard $ en facilité de crédit. Et ça, c’est après la covid, Madame la juge! », a-t-il lancé. 

La juge Dominique Bélanger tentera de rendre une décision d’ici vendredi. Les sommes sont normalement payables d’ici le 13 juillet s’il n’y a pas de délais supplémentaires.