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L’excitation et le beau temps riment avec accidents

Les tragédies ne cessent de se multiplier sur les routes et les cours d’eau du Québec depuis le début de l’été

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L’excitation du déconfinement et les journées chaudes sont des facteurs nocifs qui ont contribué aux nombreux décès survenus sur les plans d’eau et les routes du Québec depuis le début de l’été, selon des experts.

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« Après une dépression, peu importe la nature du confinement, il y a une période d’excitation. Après le carême vient Pâques, illustre le psychologue Hubert Van Gijseghem. Ça rend les gens plus téméraires. »

Depuis le 20 juin, jour officiel du début de l’été, on déplore déjà plus d’une vingtaine de décès dus à des noyades ou des accidents de motocyclette.

« Je ne suis absolument pas surpris. L’excitation est inévitable quand les portes s’ouvrent. C’est tout à fait compréhensible, commente le Dr Van Gijseghem. À cause de ce hype d’être libérés, les gens perdent un peu leur sens critique. »

Les vagues de chaleur font aussi partie des facteurs importants de ces nombreuses tragédies, selon la chef du service de traumatologie du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal, la Dre Marianne Beaudin.

« C’est sûr que la pandémie, ç’a causé un contexte exceptionnel. Pour nous, ç’a été une grande inquiétude, dit-elle. Mais aussi les canicules. Déjà cette semaine, c’est la quatrième de l’année, c’est sûr que ç’a des conséquences directes. »

Force du nombre

Lorsqu’il fait plus de 30 degrés Celsius, les gens sont plus portés à aller vers les plans d’eau.

« La force du nombre peut jouer contre nous », souligne le directeur général de la Société de sauvetage, Raynald Hawkins.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Raynald Hawkins au micro de Pierre Nantel, sur QUB Radio:

Les drames des derniers jours ont d’ailleurs grandement touché Valérie Rochefort, une mère de 33 ans qui a été sauvée de la noyade par des baigneurs dans la rivière Saint-François, le 20 juin, à Drummondville. 

« Quand j’ai vu qu’un jeune garçon était disparu au Grand lac Saint-François, je me suis mise à pleurer », confie-t-elle [voir ci-contre].

Mme Rochefort est retournée sur les lieux de son accident afin de vaincre ses peurs et déplore y avoir vu autant de gens sans veste de flottaison. 

« Je pensais que mon histoire aurait plus secoué la communauté. On dirait que les gens attendent de le vivre avant de faire attention. »

Rush du Printemps

Pour ce qui est des décès à motocyclette, la question est mathématique, d’après la Société d’assurance automobile du Québec.

« Avec le déconfinement, les gens utilisent plus les routes », constate son porte-parole Mario Vaillancourt.

« À cause de la COVID, on vit notre rush du printemps, renchérit Jean-Pierre Chenu, de l’école de moto du même nom à Laval. Les cours ont recommencé il y a trois semaines seulement. Alors, des gens s’empressent de rouler sans expérience. »

« Les gens ont envie de s’évader pas mal fort », dit-il, soutenant voir plus d’amateurs de vitesse.

– Avec la collaboration d’ Erika Aubin et de Frédérique Giguère