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Un agresseur d’ados sort de prison

L’ex-militaire pourra aller vivre en maison de transition malgré un risque de récidive élevé

Simon Girard Lévesque
Photo d’archives Simon Girard Lévesque est détenu depuis qu’il a été déclaré coupable, en mai 2015 (photo), au palais de justice de Joliette.

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Un ex-militaire condamné à neuf ans de détention pour des crimes sexuels envers une douzaine d’adolescentes pourra sortir du pénitencier, même s’il représente toujours un risque de récidive élevé et qu’il ne reconnaît nullement avoir une déviance.

« Aucune amélioration notable relative à votre cycle de délinquance et les facteurs qui y contribuent n’a été relevée au cours de votre peine », a noté la commissaire Brigitte Veilleux.

Bien qu’il soit derrière les barreaux depuis son verdict de culpabilité, rendu au printemps 2015, Simon Girard Lévesque ne semble pas avoir cheminé, si l’on en croit une récente décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dont Le Journal a obtenu copie.

Portrait peu reluisant

Discours inquiétant, refus de reconnaître une problématique sexuelle, déresponsabilisation, tendance à se surestimer et à manipuler, déconsidération totale des victimes et risque élevé de récidive : ce ne sont que quelques-uns des constats faits par l’équipe du Service correctionnel du Canada (SCC) chargée du dossier peu reluisant de l’ex-militaire.

Entre 2010 et 2012, le jeune homme au gabarit imposant a assouvi ses désirs sexuels débordants auprès de 13 adolescentes âgées de 12 à 16 ans.

Celui qui aura 33 ans vendredi est entré en contact avec les victimes par l’entremise des réseaux sociaux avant de les rencontrer en personne.

Il a eu des contacts sexuels avec cinq d’entre elles, en a agressé deux et séquestré une.

L’ex-caporal, qui a participé à deux missions en Afghanistan, n’hésitait pas à promettre argent et alcool aux filles pour arriver à ses fins. 

Girard Lévesque a maintenant purgé les deux tiers de sa peine de neuf ans d’incarcération et il est donc admissible à sa libération d’office.

Il s’agit d’une procédure quasi automatique, où l’intervention de la CLCC ne se limite qu’à l’imposition de conditions « raisonnables et nécessaires ».

Le maintien en détention est toutefois possible si le Service correctionnel du Canada en fait la recommandation, ce qui n’a pas été le cas ici.

Selon une étude du SCC, entre 2004 et 2014, environ 4 % des délinquants sont restés emprisonnés pendant l’entièreté de leur sentence.

Cela peut s’appliquer dans les cas où la notion de « dommages graves » découlant du crime est présente – ce qui est le cas ici – et que le risque de récidive est élevé.

Par ailleurs, ce sont les délinquants sexuels qui sont les plus susceptibles de demeurer derrière les barreaux, a démontré cette étude. 

Maison de transition

Girard Lévesque souhaitait aller vivre chez sa mère, ce que la CLCC lui a refusé. Le prédateur sexuel devra donc résider dans une maison de transition jusqu’à l’expiration de sa peine.

« La Commission est convaincue qu’à ce stade-ci de votre sentence, il n’existe aucune autre alternative quant à l’imposition d’une condition d’assignation à résidence pour protéger adéquatement la société », lit-on dans la décision.

La CLCC lui a également interdit d’accéder à internet, même si l’ex-militaire estimait qu’il s’agissait d’une injustice.

« Il serait hasardeux de vous laisser avoir recours à ce genre de matériel, sans que vous vous mettiez en situation de récidive de nature sexuelle », a conclu la commissaire Veilleux. 

Girard Lévesque doit aussi s’abstenir de consommer alcool et drogue et d’être en présence de mineurs. Il devra également faire part de toutes ses fréquentations féminines à son surveillant. 


Lorsqu’il aura terminé de purger sa peine, le trentenaire, qui a été déclaré délinquant à contrôler pour une période de 10 ans, continuera d’être étroitement suivi par les autorités.