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Contrat fédéral à un organisme de bienfaisance: Justin Trudeau admet ne pas s’être retiré des discussions

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Photo AFP

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Justin Trudeau admet ne pas s’être retiré des discussions menant à l’octroi d’un contrat fédéral à un organisme de bienfaisance proche de sa famille. 

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Le premier ministre a fait cet aveu ce matin en conférence de presse, en réponse à une question des médias au sujet de l’organisme UNIS (WE Charity).

«La recommandation d’utiliser UNIS pour offrir des opportunités aux jeunes a été faite par les services publics. Mon cabinet a ratifié cette décision», a-t-il dit.

Quand on lui a demandé s’il s’était récusé au moment des discussions menant à cette décision, M.Trudeau a simplement répondu: «Non, je ne l’ai pas fait», en anglais.

Il a offert une réponse similaire à la Chambre des communes lorsque questionné par l’opposition.

Conflit d’intérêts

Selon la Loi sur l’éthique, «il est interdit à tout titulaire de charge publique de prendre une décision ou de participer à la prise d’une décision dans l’exercice de sa charge s’il sait ou devrait raisonnablement savoir que, en prenant cette décision, il pourrait se trouver en situation de conflit d’intérêts».

Or Sophie Grégoire Trudeau, la femme du premier ministre, anime un podcast pour WE et est l’une des ambassadrices de charité de l'organisme. Justin Trudeau lui-même est un invité d’honneur régulier lors d'événements de masse organisés par l’organisme.

Conséquemment, le Commissariat aux conflits d’intérêts et à l’éthique a annoncé vendredi qu’il enquêterait afin de déterminer si Justin Trudeau a contrevenu à la loi lorsque son gouvernement a octroyé un contrat de 900 millions de dollars à l’organisme UNIS, le mois dernier.

Ce contrat accordé sans appel d’offres visait la gestion des Bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant. Il a été rompu vendredi après des jours de controverse.

Le premier ministre a dit plusieurs fois que WE était la seule organisation capable de mener à bien ce contrat. Il a toutefois refusé de dire quels autres organismes avaient été considérés et pour quelle raison ils n’avaient pas été retenus.

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Troisième fois

Depuis qu’il est premier ministre, Justin Trudeau a été blâmé deux fois par le Commissaire à l’éthique.

La première remonte à 2017, quand il avait accepté des vacances sur l’île privée de l’Aga Khan. La seconde remonte à pas plus tard que l’an dernier, dans le scandale SNC-Lavalin.

«Ça va faire un tour du chapeau pour M.Trudeau, gronde le député conservateur Gérard Deltell. M.Trudeau se sent au-dessus des lois et de l’intégrité.»

M. Deltell souligne que jamais un premier ministre n’avait fait l’objet d’une seule enquête du commissaire à l’éthique par le passé.