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Bernard Adamus est largué par sa maison de disques

Bernard Adamus
Photo d'archives, Ariane Labrèche Bernard Adamus

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Le chanteur Bernard Adamus est la plus récente cible d’une possible deuxième vague du mouvement de dénonciation #MoiAussi.

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Il a été largué par sa maison de disques Dare to Care à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle le visant sur les réseaux sociaux. 

Depuis quelques jours, une vague de dénonciations dans lesquelles on dévoile les noms de présumés agresseurs sexuels déferle sur internet.

En début de soirée, mercredi, Dare to Care a annoncé qu’il mettait fin à sa relation d’affaires avec l’auteur-compositeur-interprète, affirmant donner de la valeur aux témoignages des présumées victimes qui se sont fait entendre.

Requêtes juridiques

Les requêtes de services juridiques de Juripop liées aux violences à caractère sexuel ont explosé dans la dernière semaine. 

«On s’attendait à en avoir 200 par mois, et on en a eu 40 en seulement une journée, lundi», rapporte Sophie Gagnon, directrice générale de l’organisme qui offre des services juridiques à coûts modiques.   

  • Écoutez l'entrevue de Sophie Gagnon avec Jean-François Baril à QUB radio:   

Les pages web sur lesquelles il est possible de témoigner et de dévoiler l'identité d'un agresseur anonymement se multiplient. Parmi elles, le compte Victims Voices Montreal regroupait près de 60 témoignages mardi après-midi. 

Un autre #MoiAussi?

Jusqu’à présent, cette vague de dénonciations diffère en partie du mouvement #MoiAussi, apparu sur le web en 2017. 

«Le mouvement #MoiAussi, c’était plus des histoires qui étaient partagées en termes génériques, alors que là, il y a des dénonciations qui identifient des gens nommément», explique Mme Gagnon. 

Elle observe également que les comportements dénoncés sont plus variés. 

«On dénote beaucoup de cas de harcèlement sexuel, aussi. [...] Ils sont davantage banalisés dans la culture populaire», dit-elle. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Laurence Desjardins, sexologue à RÉZO, à QUB Radio:

Quant au chroniqueur et spécialiste des médias numériques Bruno Guglielminetti, il pense que les présumés agresseurs sont moins connus du grand public qu’il y a trois ans.

«Ce sont des allégations qui concernent principalement des influenceurs québécois qui auraient profité de cet intérêt de la part de fans pour prendre contact et avoir des discussions avec ces gens-là.»

Call-out culture

Pour plusieurs, cette vague de dénonciations s’inscrit dans la call-out culture, qu’on pourrait traduire par «culture de la dénonciation» et qui se manifeste par la dénonciation publique des écarts de conduite d’un membre de sa communauté. Plusieurs dénonciations en lien avec le mouvement Black Lives Matter ont d’ailleurs fait surface ces dernières semaines sur les réseaux sociaux.

Pour Jo-Ann Wemmers, professeure titulaire à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, ces allégations qui fusent sur le web sont aussi le symptôme d’un problème plus vaste.

«Qu’est-ce qui a changé, dans le système de justice pénale, après #MeToo? Il n’y a rien qui a changé, ou très peu de choses», indique-t-elle. 

– Avec Cédric Bélanger, Le Journal de Québec