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Élections à l’horizon

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Photo AFP À quel moment le premier ministre Trudeau tentera-t-il d’avoir les deux mains sur le volant et ainsi avoir tous les outils à sa disposition pour faire face à une deuxième vague et relancer l’économie ?

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Si le premier ministre Trudeau souhaite avoir les deux mains sur le volant pour faire face à une deuxième vague de la COVID-19 et mettre en œuvre son plan de relance économique, l’une des décisions les plus difficiles sera de choisir le meilleur moment pour déclencher une élection.

Un gouvernement minoritaire, c’est bon pour la population, mais très mauvais pour celles et ceux qui le forment.

Certains ont adoré l’expérience à titre de ministres, mais cette formule peut rapidement devenir ingérable et un facteur supplémentaire de paralysie en temps de crise. Sachant qu’une épée de Damoclès est toujours présente, les gouvernements sacrifient l’efficacité de l’action pour créer des consensus.

Que l’on se comprenne bien, je ne parle pas ici des contacts habituels entre les formations politiques en temps de crise, mais bien du statut minoritaire d’un gouvernement pendant cette période.

De gros défis à relever

Hier, nous apprenions que le déficit du gouvernement fédéral s’élèverait à 343,2 milliards de dollars pour l’année 2020-2021. La situation est exceptionnelle et il faudra un plan permettant à la fois de stimuler l’économie, créer des emplois, protéger notre filet social et réduire les déficits.

Tout cela dans un contexte où la pandémie n’est toujours pas terminée et que les efforts qui devront être consentis au cours des prochains mois sont encore difficiles à mesurer.

À cette incertitude s’oppose ce que l’on sait qui doit être réglé. Je pense à des sujets comme celui de l’augmentation des transferts en santé, les infrastructures et la flexibilité dans les programmes fédéraux.

Trouver le bon motif

Déclencher une élection lorsque l’on forme un gouvernement minoritaire n’est pas une mince affaire. La justification doit être clairement communiquée et, surtout, les arguments présentés doivent tenir la route.

S’il souhaite le faire, peu importe le moment, le premier ministre Trudeau devra démontrer que la configuration actuelle du Parlement du Canada ne permet plus de faire avancer les dossiers importants aux yeux de la population.

Si les raisons présentées ne sont pas les bonnes à nos yeux, les politiciens savent que nous ne les écouterons pas.

Ils ont alors tout intérêt à vous convaincre du bien-fondé, ou non, de la tenue d’une élection.

La stabilité politique : une force quand elle est bien utilisée

Je suis un partisan de la stabilité politique en temps de crise, vous l’aurez deviné. Plusieurs provinces, telles que le Québec, peuvent compter actuellement sur un gouvernement majoritaire pour gérer les enjeux qui leur sont propres. Cela ne veut pas dire que les partis d’opposition ne sont pas utiles, bien au contraire, car ils sont des garde-fous essentiels au bon fonctionnement de nos débats de société.

Mais dans la vie d’un gouvernement, on doit choisir un moment pour tracer la ligne. Malgré toutes les incertitudes qui planent, M. Trudeau devra déclencher une élection si l’opposition diminue le moindrement sa capacité à implanter son plan de relance économique.