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FEQ: la fête remplacée par une nostalgie aigre-douce

Grande Allee
Photo Simon Clark La Grande Allée prise de l’intersection avec la place George-V le 7 juillet dernier.

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Aujourd’hui aurait dû offrir l’occasion aux groupes Bleu Jeans Bleu et Les Trois Accords d’enflammer les plaines d’Abraham pour lancer la 53e édition du FEQ, une perspective fauchée il y a près de quatre mois par la pandémie de COVID-19.

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Or, le souvenir de cette manne estivale détonne avec la réalité actuelle, où commerçants, restaurateurs et hôteliers tentent de garder la tête hors de l’eau.

«On s’y fait, mais c’est sûr qu’on va être un peu nostalgiques aujourd’hui. [...] L’adrénaline de ces grosses semaines-là, on aime ça. C’est un peu ma drogue à moi. C’est ce que j’aime», lance Philippe Desrosiers, copropriétaire de l’Inox, sur la Grande Allée.

«[Mercredi], on aurait été en montage du set-up sur la terrasse. À partir d’[aujourd’hui], on serait en train de travailler de 14 à 18 heures par jour. Habituellement, je couche au bar pendant le FEQ», rigole M. Desrosiers.

Jean-Pierre Bédard, DG de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm, n’a pas échappé à cette nostalgie, son fil d’actualité sur les réseaux sociaux tâchant de lui rappeler des souvenirs d’à pareille date dans les dernières années. 

«Pour nous, c’est extrêmement décevant parce qu’on avait déjà commencé à planifier des activités pour le FEQ, lâche-t-il. C’est vraiment un moment où les terrasses sont bondées pendant toute la journée. En ce moment, on n’arrive pas encore à atteindre des résultats de fréquentation probants.» 

Quatre fois moins remplis

Les hôteliers, de coutume comblés pour accueillir cette affluence effrénée, subissent aussi durement l’absence de festivaliers.

«La ville serait effervescente en temps normal. On serait à environ 85 % d’occupation pendant le FEQ dans les hôtels. Là, on est à environ 20 % sur semaine, à 25 % les week-ends», illustre le directeur des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec, Éric Bilodeau.

Cette carence, comparée à une année habituelle, représente «des millions de dollars de retombées», pointe François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ).

«Si c’était juste du FEQ, on pourrait se dire qu’on va finir par passer au travers. Mais il n’y aura pas d’autres événements de cette importance-là avant longtemps, sûrement pas avant l’an prochain», mentionne-t-il.

Le lendemain de veille pourrait être dur, selon l’ARQ, qui anticipe jusqu’à 3000 faillites dans l’industrie québécoise de la restauration d’ici l’an prochain.

Temps mort

Au manque à gagner, il faut opposer le «revers de la médaille», souligne David Lassonde, qui possède, entre autres, la Taverne Grande Allée et le Snack-Bar Saint-Jean. La pénurie de main-d’œuvre rendait les 10 jours du FEQ dignes d’un «sport extrême», illustre-t-il, tant les acteurs du milieu sont poussés «aux limites».

«Ce n’est pas nécessairement positif, mais on va juste avoir un été où on n’aura pas poussé tout au bouchon. À Saint-Apollinaire, il n’y en a pas de FEQ et ils passent à travers quand même», philosophe M. Lassonde.