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Étienne Grandmont regrette «la camisole de force budgétaire» pour le tramway

Etienne Grandmont
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés

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Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables, a regretté vendredi «la camisole de force budgétaire» imposée par le gouvernement Legault au projet de réseau structurant de Québec.

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«Ce n’est pas pratique courante, de fixer l’enveloppe budgétaire avant d’avoir complété les études techniques, la conception préliminaire et le plan d’affaires [...] Pourquoi le gouvernement du Québec impose une camisole de force budgétaire au projet de réseau structurant de transport en commun de Québec alors qu’il ne le fait pas pour d’autres projets?» s’est demandé M. Grandmont, vendredi matin, au dernier jour de la première partie des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) consacrés au tramway. 

M. Grandmont a ajouté qu’il est normal et usuel que les coûts soient ajustés à la hausse «au bénéfice des futurs utilisateurs», au fur et à mesure de l’avancement et de «l’affinement» de ce genre de mégaprojet. Il a donné l’exemple du REM (Réseau express métropolitain), à Montréal, dont le budget «est passé de 5,5 G$, à 6,5 G$, et bientôt à 7 G$».

Possible portée supplémentaire

Appelé à réagir, Mathieu Grondin, directeur général à Transports Québec, a répondu que «le projet a été estimé initialement dans une enveloppe de 3,3 G$ [dont 1,8 G$ du gouvernement du Québec]. On est toujours dans cette enveloppe-là [...] Si on décide d’avoir une portée supplémentaire à la portée qu’on a décidée au départ, peut-être que les coûts pourraient être ajustés, mais ce n’est pas le cas à ce moment-ci». 

M. Grondin a ajouté comprendre «qu’il y a des projets qui peuvent dépasser les coûts initiaux, mais ce n’est pas dans la pratique habituelle. Ce n’est pas dans nos façons de faire. On se fixe un budget au départ, puis on tente de le respecter».

Au retour de la pause matinale, M. Grondin a senti le besoin de préciser que ses propos ne devaient pas être interprétés comme «une ouverture» à hausser le budget du réseau structurant. 

«Le montant du financement [du gouvernement du Québec] sera de 1,8 G$. Pas plus. C’est une enveloppe fermée, a-t-il insisté. Tout à l’heure, il y a eu des échanges et je me suis peut-être mal exprimé. J’ai senti que les gens avaient perçu une ouverture de notre part. Mais je répète que c’est 1,8 G$.»

De façon un peu alambiquée, Mathieu Grondin a ajouté que l’«ouverture» exprimée plus tôt «faisait allusion, par exemple, à l’arrimage qu’on va faire éventuellement avec le tracé du tunnel Québec-Lévis, si jamais il y avait un impact quelconque sur le projet [de tramway]».

De son côté, Daniel Genest, directeur du bureau de projet du réseau structurant, a convenu qu’il a «dû faire des choix judicieux et déchirants, au cours des derniers mois, pour cadrer dans les 3,3 G$». Sans ces limitations budgétaires, le trambus n’aurait probablement pas été abandonné, a-t-il laissé entendre.