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Un conjoint violent coupable malgré ses dénégations

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Photo tirée de Facebook Joanick Lévesque, coupable

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Un Abitibien qui a maltraité sa conjointe pendant deux longues années, même quand elle était enceinte, a été déclaré coupable d’une kyrielle d’accusations par un juge qui a rappelé à quel point la violence conjugale peut être insidieuse.

« Il est bien connu que la violence psychologique, inhérente à la violence conjugale, conduit à la dévalorisation, l’humiliation et l’isolement, affectant l’estime de soi forçant le repli et même la remise en question de la responsabilité de l’agresseur », a expliqué le juge Denis Lavergne, ce mois-ci au palais de justice d’Amos.

Dans un jugement de 34 pages, le magistrat n’a pas été tendre à l’endroit de Joanick Lévesque, un résident de Rochebaucourt âgé de 27 ans. Car à partir de 2016, il a entraîné sa conjointe d’alors dans une spirale de violence qui n’a pris fin que quand elle a réussi à le quitter.

Chantage

« La violence verbale exercée par [Lévesque] consiste à dénigrer, insulter et affubler sa conjointe d’épithètes les plus avilissantes, a expliqué le magistrat. À compter de 2017, la situation s’aggrave, la violence monte d’un cran. Au dénigrement et à l’insulte, il joint l’agression physique. »

Tout au long de sa décision, le juge fait état de nombreuses situations que la victime a dû endurer, elle qui était de plus en plus isolée puisque Lévesque l’empêchait de voir sa famille. 

Et chaque fois qu’elle tentait de fuir, l’accusé y allait de chantage émotionnel, disant par exemple qu’il allait dans ce cas se suicider.

« Elle ne parvient pas [à partir], subjuguée par la peur et les menaces [de Lévesque] », a noté le magistrat en déplorant le climat de peur instillé par l’accusé jusqu’au jour où il a finalement été arrêté et accusé.

Menteur

Lors du procès, Lévesque a tenté de se disculper, niant totalement tout mauvais traitement, inventant des justifications cousues de fil blanc. Mais le juge n’a pas été dupe.

« Son témoignage se révèle une parodie de la vérité non seulement contredite par [la victime], mais encore par tout le contexte ressortant de l’ensemble de la preuve », a dit le magistrat, le déclarant coupable de neuf accusations, allant du harcèlement aux voies de fait armées et causant des lésions, entre autres. 

Il reviendra en cour en septembre, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.


► Les femmes victimes de violence conjugale peuvent contacter SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou consulter le site web fede.qc.ca/jai-besoin-daide.