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La renaissance de Rufus Wainwright

Entrevue avec Rufus Wainwright
Photo Ben Pelosse

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Rufus Wainwright n’a jamais été du genre à suivre les règles, se laissant davantage guider par ses propres convictions que les diktats de l’industrie. Rebelle ? Peut-être. Mais l’enfant terrible avoue lui-même s’être assagi.

Rufus Wainwright était particulièrement lumineux, en février dernier, lorsqu’il a rencontré Le Journal dans un café d’Outremont, à un jet de pierre d’où il a passé son enfance. Souriant, affable et visiblement détendu, le chanteur était à des lieues de l’image du jeune homme tourmenté qu’il a longtemps projetée. 

Une remarque qui l’a fait éclater de rire, un rire aussi fort et franc que la poignée de main qu’il a échangée avec le représentant du Journal, quelques semaines avant l’éclosion de la COVID-19 et ses règles de distanciation sociale. 

« C’est vrai qu’on ne s’attend pas à ça de moi, atteste-t-il. Mais je suis maintenant plus positif, j’imagine. On ne peut pas passer une vie entière à se tourmenter. »

Rufus Wainwright aurait-il finalement fait la paix avec ses démons ? Il hésite un moment avant de répondre. 

« Je ne sais pas, laisse-t-il finalement tomber. Au moment où on les apprivoise, une nouvelle armée débarque et ça recommence de plus belle. J’imagine que ça me fait simplement du bien de revenir ici, à Montréal. Le quartier a beaucoup changé, c’est certain. Mais il me ramène toujours à mon passé. Je me souviens combien ma mère était heureuse ici. »

D’une pierre deux coups

Le chanteur de 46 ans faisait d’ailleurs d’une pierre deux coups, débarquant dans la métropole pour souligner le 10e anniversaire du décès de sa mère Kate McGarrigle avec un concert-hommage, mais également promouvoir sa plus récente offre, Unfollow the Rules. Cet album était d’abord attendu plus tôt ce printemps, mais la pandémie a poussé Rufus Wainwright à reporter sa sortie. Il a finalement été déposé dans les bacs vendredi. 

Retour aux sources

Il y a deux ans maintenant, presque jour pour jour, le chanteur est entré dans un studio de Los Angeles, où il réside désormais, pour coucher sur disque les premières notes d’Unfollow the Rules

« Je tenais à ce que ce soit fait dans le même studio [que celui] où j’ai enregistré mon premier album, 20 ans plus tôt », indique-t-il. 

« De nos jours, on peut enregistrer un album complet dans notre sous-sol grâce aux nouvelles technologies. C’est intéressant. C’est très bien, même. Mais c’est différent. J’avais envie de revenir à cette époque où on se rendait à Hollywood – un acte qui était symbolique en soi – pour enregistrer dans un studio. On devait être très concentré et canaliser nos énergies puisqu’on ne disposait que d’un certain laps de temps pour terminer chaque chanson. L’ambiance était tout autre. Et je crois que ça se ressent quand on écoute l’album », poursuit-il. 

En entrevue au Journal, le chanteur parle d’Unfollow the Rules comme le dernier paragraphe d’un chapitre important de sa carrière. Non pas qu’il ait l’intention de se retirer. Loin de là. À ce sujet, Rufus Wainwright se fait rassurant. 

Nouveau chapitre

« Si je ferme un chapitre, c’est forcément pour en commencer un nouveau. C’est important pour moi de créer des univers différents, de me réinventer constamment, comme l’ont fait mes idoles Randy Newman, Joni Mitchell ou encore David Bowie », précise-t-il.  

Que nous réserve ce prochain chapitre ? Seul le temps le dira. Mais Rufus Wainwright promet quelque chose de « complètement inattendu ». 

« Je crois que ce serait amusant de faire un album entier en français. Ce n’est pas inattendu en soi, mais j’aimerais m’éloigner de mes sensibilités habituelles, que ce soit le folk ou l’opéra. J’aimerais aller dans une toute nouvelle direction et proposer quelque chose qui prendrait les gens par surprise », avance le chanteur. 


L’album Unfollow the Rules est maintenant sur le marché.