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Un fraudeur d’aînés rabroué sévèrement par un juge

Il a été qualifié de menteur en série par le magistrat qui l’a déclaré coupable

Palais de justice de Montreal
Photo d'archives, Chantal Poirier Le fraudeur en série Richard Chandroo était arrivé au palais de justice de Montréal par la grande porte le mois passé, mais il est ressorti par celle réservée aux détenus, puisque le juge a rapidement décidé qu’il attendrait sa peine derrière les barreaux.

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Un fraudeur en série qui a empoché près d’un million de dollars en ciblant des aînés s’est fait sévèrement critiquer par le juge lors d’une audience où la Couronne a réclamé six ans et demi d’incarcération, en plus du remboursement des sommes volées.

« Son témoignage était une série sans fin de mensonges, est-ce qu’il y a une limite aux mensonges qu’un juge peut entendre ? Cet homme est dangereux », a lancé sans détour le juge Salvatore Mascia, cette semaine au palais de justice de Montréal.

De la prison où il comparaissait par visioconférence, Richard Chandroo ne semblait pas perturbé par les propos du magistrat, gardant plutôt un air badin et une pose décontractée, et ce, même s’il risque une très longue peine de pénitencier.

C’est que depuis 2012, Chandroo, 45 ans, se spécialise dans les fraudes d’héritages. Mélangeant habilement les vrais et faux documents, se faisant parfois passer pour un autre, il avait réussi à convaincre des octogénaires de lui donner de l’argent, sous prétexte qu’il avait des frais à couvrir afin d’encaisser un héritage. 

« Il a pris à mon père ce qui devait être la plus belle période de sa vie où il pouvait profiter des fruits de son travail, il a été manipulé », a déploré la fille d’une des victimes, dans une lettre lue à la cour.

Saignées à blanc

Car, bien évidemment, les promesses de rendre l’argent et de céder une partie du magot ne se concrétisaient jamais. Un couple d’octogénaires a ainsi dû réhypothéquer sa maison, tandis qu’une autre victime est décédée après avoir perdu les économies de toute une vie.

« Il a saigné ses victimes à blanc, il a continué à le faire et ça ne semblait pas le déranger », a déploré le juge qui a rappelé que Chandroo avait déjà essayé de jeter la faute sur un mort.

Et même une fois déclaré coupable le mois passé, Chandroo a voulu éviter la détention préventive d’ici la peine en tentant de faire croire au juge qu’il devait rester libre pour trouver de quoi dédommager ses victimes.

« Il a essayé de frauder le tribunal avec une prétendue carte de Michael Jackson qui lui aurait permis de rembourser tout le monde », a noté le juge.

Restitution

Pour la procureure Émilie Robert, Chandroo mérite 78 mois de prison, en plus de devoir restituer environ 800 000 $ aux victimes. Car même si les conséquences de ses crimes ont été « dévastatrices » pour les victimes, le fraudeur n’a exprimé aucun remords, a entre autres plaidé la Couronne.

L’avocat de Chandroo, Me Simon Leduc-Lebeuf, a pour sa part suggéré une sentence de quatre ans d’incarcération, avec un remboursement d’environ 100 000 $. Selon lui, un montant plus élevé mettrait à risque la famille de Chandroo, dont ses deux enfants.


♦ Le juge rendra sa décision en septembre.