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Affaire We Charity : les conservateurs veulent faire la lumière

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Les conservateurs ont demandé lundi une réunion d’urgence au Comité de l’éthique pour faire la lumière sur le contrat accordé à l’organisme de bienfaisance We Charity qui continue de mettre les libéraux dans l’embarras.

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«Les révélations selon lesquelles la famille de Justin Trudeau a été payée pour prendre la parole aux événements d’une organisation qui a ensuite reçu un contrat à fournisseur unique de 900 millions de dollars sont extrêmement troublantes», a déclaré le député conservateur Michael Barrett dans un communiqué.

Tout cela arrive alors que l’organisme We Charity se défend d’avoir bénéficié d’un passe-droit, mais avoue quelques erreurs.

Dans une lettre publiée lundi sur le site web de l’organisation, les cofondateurs Craig et Marc Kielburger reconnaissent que Margaret et Alexandre Trudeau n’auraient pas dû être payés par des fonds destinés à la charité.

«Une fois que nous avons appris que l'organisme de bienfaisance avait payé certains de ses discours, l'erreur a été identifiée et l'organisme de bienfaisance a été remboursé. Pourtant, l'erreur n'aurait pas dû se produire et nous nous en excusons», peut-on lire dans la lettre.

Margaret Trudeau, la mère du premier ministre, a touché 250 000 $ pour ses participations à 28 événements organisés par We Charity entre 2016 et 2020. Alexandre Trudeau a pour sa part reçu 32 000 $ pour sa contribution à l’organisme, alors que son frère était à la tête du gouvernement.

Sophie Grégoire Trudeau, la femme du premier ministre, était elle aussi directement impliquée et aurait été rémunérée par l'organisation en 2012.

Les liens avérés entre le clan Trudeau et cet organisme torontois ont fait couler beaucoup d’encre la semaine dernière à Ottawa, après que le gouvernement eut donné, sans appel d’offres, le mandat à We Charity de gérer un programme de bourses de 900 000 $ pour récompenser le bénévolat chez les étudiants canadiens.

Pas de passe-droit

Là-dessus, les dirigeants de We Charity se défendent toujours d’avoir bénéficié d’un traitement de faveur.

«La fonction publique a déclaré ouvertement qu'elle recommandait à WE Charity de recevoir le contrat pour ce projet. Au fil des ans, nous avons reçu des subventions et collaboré avec les gouvernements fédéral et provinciaux dirigés par divers partis politiques pour nos programmes pour les jeunes et les écoles», ont soutenu Craig et Marc Kielburger, les fondateurs de l’organisme, dans leur lettre publiée lundi.

En plus des révélations sur les Trudeau, on a aussi appris la semaine dernière que les filles du ministre des Finances, Bill Morneau, sont liées à We Charity. L’une d’elles a même occupé un poste rémunéré.

Or, le ministre a reconnu qu’il ne s’était pas retiré des discussions au conseil des ministres lorsqu’est venu le temps d’accorder le contrat à We Charity.

Depuis, les accusations de conflits d’intérêts fusent, mais avant même que les révélations autour des familles Morneau et Trudeau prennent de l’ampleur, le contrat de We Charity avait déjà été annulé dans la foulée d’accusations de racisme de la part d’anciens employés.

Lundi, les dirigeants de We Charity ont spécifié que cette résiliation du mandat n’avait engendré aucuns frais.

Ils ont aussi insisté pour réitérer que l’organisme n’a engrangé aucun profit pendant le court laps de temps où il a géré la distribution de ces bourses étudiantes.