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De stagiaire à propriétaire de l’entreprise

Elle concocte notamment des moutardes pour le compte de Joe Beef, Au Pied de Cochon et Jérôme Ferrer

Karine Massicotte
Photo Chantal Poirier Karina Massicotte, présidente d’Aliments Morehouse, dans son usine de production des vinaigrettes et trempettes Le Grec.

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Karina Massicotte a tellement aimé l’entreprise qui lui a offert son premier poste de stagiaire en administration que, 20 ans plus tard, elle a décidé de l’acheter.

Depuis qu’elle est à la tête d’Aliments Morehouse, elle a su donner une véritable impulsion à la PME de Lachine. Et elle souhaite lui donner un nouvel élan de croissance avec le lancement de nouveaux produits, dont les trempettes Le Grec qui viennent s’ajouter aux vinaigrettes de la même marque.

Le nom de l’entreprise ne vous est peut-être pas familier, mais il y a de bonnes chances que ses produits se retrouvent régulièrement sur votre table. Aliments Morehouse se spécialise dans la fabrication de condiments (moutarde et raifort) vendus sous la marque maison. C’est aussi elle qui fabrique les moutardes de nombreuses marques privées, dont les moutardes Joe Beef, Au Pied de Cochon et Jérôme Ferrer, tous des acteurs importants du milieu de la restauration montréalais. 

« Ce sont des produits qui marchent très fort, affirme Karina Massicotte. Avec les initiatives pour favoriser l’achat local, les ventes ont bondi de 40 % depuis le début de la crise sanitaire. »

La pandémie n’a pas ralenti Morehouse dans le développement de ses nouveaux produits, même si le contexte n’est pas favorable aux dégustations dans les épiceries pour les faire connaître. 

« La réponse des consommateurs n’en est pas moins là, affirme la dirigeante. Depuis le lancement en mai dernier, il faut constamment remplir les tablettes. »

Une étape marquante

C’est en 2016 que Morehouse a fait l’acquisition des vinaigrettes Le Grec, qui avaient été mises en marché par les propriétaires du restaurant Le Grec, une institution à Trois-Rivières. Cette transaction, c’est un des bons coups de Karina Massicotte qui occupait depuis peu le siège de directrice générale.

« Jusque-là, Morehouse se spécialisait dans la fabrication de moutardes pour des marques privées. Il était clair pour moi que si on voulait croître, il fallait se diversifier. »

Depuis, la marque est devenue un important vecteur de croissance pour la PME. 

« Selon Nielsen, elle est la plus vendue au Québec, loin devant son plus proche concurrent », affirme la dirigeante.

Aujourd’hui, les produits Morehouse sont présents dans toutes les grandes chaînes d’épicerie au Québec. On les retrouve également chez Walmart et Sobeys, ce qui a permis à l’entreprise d’accentuer sa présence à l’échelle de l’ensemble du pays. 

« Le marché canadien représente environ 10 % de nos ventes, on a donc un bon espace de développement », précise Karina Massicotte qui nourrit de grandes ambitions pour l’entreprise qu’elle a acquise à l’automne 2019. Il faut dire qu’elle la connaît bien puisqu’elle y travaille depuis l’année 2000. 

Un projet mûrement réfléchi

Elle était encore étudiante en finance et administration quand elle y a décroché un poste à temps partiel, histoire d’arrondir les fins de mois. À la fin de ses études, elle est embauchée comme contrôleuse, poste qu’elle occupera jusqu’en 2014, alors qu’elle prend la direction générale de l’entreprise. 

Depuis plusieurs années, l’idée d’en faire l’acquisition lui trottait toutefois dans la tête. 

« J’ai toujours voulu avoir mon entreprise, dit-elle. J’ai fait part de mon intérêt aux propriétaires de Morehouse, des Américains, qui, après un temps de réflexion, ont jugé que j’étais la meilleure personne pour l’acheter. »

La transaction s’est conclue en octobre dernier grâce notamment à un appui financier de 1,5 million de dollars des Fonds régionaux de solidarité FTQ.

Malgré le contexte d’affaires perturbé par la pandémie de coronavirus, Karina Massicotte n’a jamais douté de sa décision.  

« Je crois que ça a été un plus gros défi pour moi d’accéder au poste de directrice générale que de devenir propriétaire. La charge de travail, je l’assume déjà, le saut était moins important. »

« J’ai eu le temps de penser à quel genre d’entreprise je veux créer pour les employés, nos fournisseurs et autres partenaires d’affaires. On met l’accent sur le développement de nouveaux produits. Notre équipe de R-D est très active actuellement. On connaît bien les goûts des consommateurs d’ici. La preuve ? De grandes marques nous approchent pour savoir quel nouveau produit mettre sur les tablettes. » 

Satisfaite

Que Morehouse devienne une référence dans l’industrie la remplit de fierté. Et elle est aussi plutôt satisfaite de son parcours.

« Je suis une femme dans la quarantaine qui a fait l’acquisition d’une compagnie américaine. Ça démontre que c’est possible. Si je peux donner le goût à d’autres de se lancer, tant mieux. »

Aliments Morehouse  

  • Fondés en 2000 
  • Domaine d’affaires : transformation alimentaire 
  • Actionnaires : Karina Massicotte, Fonds régionaux de solidarité FTQ, autres partenaires. 
  • Nombre d’employés : 40