/news/politics
Navigation

Dénonciations anonymes en ligne: Legault salue le «courage» de dénoncer

Le premier ministre François Legault
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES Le premier ministre François Legault

Coup d'oeil sur cet article

François Legault a donné son appui, lundi, au mouvement de dénonciations anonymes qui a cours sur les médias sociaux ces derniers jours.

• À lire aussi: Marie-Mai: «J’ai été victime d’une agression sexuelle à 17 ans»

• À lire aussi: «Mon comportement lui a fait extrêmement mal» - Alex Nevsky

«Je veux saluer les gens qui ont eu le courage de dénoncer, parce que ça aide à ce que tout le monde soit plus sensible, d’une certaine façon. C’est un peu plate que ça se passe comme ça, mais je veux saluer leur courage», a commenté le premier ministre en marge d’une conférence de presse pour faire le point sur la COVID-19.

Depuis la semaine dernière, des comptes Instagram et Facebook affichent les noms de présumés agresseurs ou de personnes accusées d’inconduites sexuelles. Les accusations proviennent de présumées victimes qui demeurent anonymes.

Certains comptes offrent le contexte de l’accusation, mais d’autres affichent uniquement le nom de la personne visée par la victime.

Plusieurs artistes se sont déjà retirés de la vie publique après avoir été visés par de telles accusations. Dernier en lice, le chanteur Kevin Parent a été largué par son agence et a présenté ses excuses après avoir été ciblé par des allégations d’inconduite sexuelle sur le compte Instagram Victims_Voices_Montreal.

François Legault a expliqué, lundi, que son nouveau ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, examine actuellement comment Québec peut rendre le processus judiciaire «moins difficile» pour les victimes d’agressions sexuelles.

Le gouvernement Legault évalue également la possibilité de réviser le curriculum scolaire pour mieux outiller les jeunes sur les notions de consentement à la sexualité.

Appui de la classe politique

Le mouvement de dénonciations a également reçu l’appui des partis d’opposition à Québec.

«La nouvelle vague de dénonciations des derniers jours sur les réseaux sociaux nous rappelle que le combat contre la violence et le harcèlement sexuel est loin d’être terminé. Je tiens à souligner le courage de toutes celles qui choisissent de dénoncer leurs agressions», écrivait sur Twitter la porte-parole libérale en matière de condition féminine, Isabelle Melançon, le 9 juillet dernier.

«Vous avez tout mon appui et mon soutien», ajoutait-elle.

La porte-parole de Québec solidaire Manon Massé, quant à elle, a déclaré sur Twitter, la semaine dernière, que «les gens se tournent vers les médias sociaux pour dénoncer harcèlement et agressions sexuelles» parce que le système de justice «est brisé».

Même son de cloche du côté de la critique péquiste Véronique Hivon, qui estime que le phénomène dénote «un manque de confiance criant entre les victimes et le système policier et judiciaire».

Quant au risque de diffamation, Mme Hivon réplique que «les victimes elles-mêmes vont vous dire qu’on n’est pas dans le meilleur des mondes». «Mais il faut prendre acte que leur écœurement est complet, le ras-le-bol est très important, souligne-t-elle en entrevue. Donc, nous, la classe politique, mais aussi le monde policier et judiciaire, devons transformer ça en une occasion de transformation de fond en comble».

La députée péquiste rappelle que son parti propose la création d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale, qui serait mieux adapté pour les victimes.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.