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WE Charity: un concert d’excuses à Ottawa

Justin Trudeau admet son erreur dans l’affaire WE Charity, pendant que 35 000 jeunes sont en attente

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Tandis que Justin Trudeau fait son mea culpa dans l’affaire WE Charity, les étudiants, les familles et les organismes qui devaient bénéficier du programme de bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant sont laissés sur la touche.

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« À cause des connexions que j’avais avec cet organisme, je n’aurais pas dû faire partie de ces discussions. C’était mon erreur. Je m’en excuse profondément », a dit Justin Trudeau.

Le premier ministre a avoué qu’il savait que sa mère et son frère étaient payés pour prendre la parole lors d’évènements publics, comme ceux de WE Charity. Bien qu’il ne savait pas combien ils étaient payés, il a admis qu’il aurait dû se retirer de toute discussion menant à l’attribution d’un contrat à cette organisation.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, qui a lui aussi des liens familiaux avec WE Charity, s’est lui aussi excusé lundi de ne pas s’être retiré des discussions menant à l’octroi de ce contrat millionnaire.

En attendant, « il y a des gens qui auraient pu être en train de servir dans leurs communautés par ce programme qui vont devoir attendre encore un peu à cause d’une erreur que j’ai faite », a dit le premier ministre.

Le gouvernement travaille encore à « un plan de transition » afin de gérer lui-même le programme de bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant, que WE Charity ne gère plus. « Cela signifie qu’il y aura des retards », a dit au Journal le porte-parole du ministère Emploi et Développement social Canada.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a fait le point sur la pandémie de COVID-19 et sur le scandale WE Charity en conférence 
de presse devant sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa lundi.
Capture d’écran TVA Nouvelles
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a fait le point sur la pandémie de COVID-19 et sur le scandale WE Charity en conférence de presse devant sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa lundi.

Détresse sur le terrain

Quelque 35 000 jeunes ont postulé pour participer au programme. Mais, sur le terrain, les organismes qui se sont engagés à les encadrer durant l’été sont sans nouvelles du gouvernement.

« On était censé recevoir des trousses d’information la semaine du lancement du programme, mais à ce jour nous n’avons rien reçu », a dit Maxime Bergeron Laurencelle, le directeur exécutif de Grands Frères Grandes Sœurs du grand Montréal.

Son organisation espérait que ses bénévoles étudiants, qui donnent déjà de leur temps, pourraient en bénéficier, sachant que beaucoup sont privés d’emploi d’été en raison de la pandémie.

Aider les étudiants

M.Bergeron Laurencelle souligne que la pandémie a énormément affecté ses bénévoles et les familles qu’ils soutiennent. « Il y a beaucoup de détresse psychologique », souffle-t-il, en soulignant que des bourses pour les étudiants ne sont qu’un mince encouragement.

« Les étudiants ont un besoin urgent de soutien du revenu », souligne le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui estime que le programme de bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant n’est pas la solution.

« On ne devrait pas profiter de la détresse des étudiants pour remplacer des emplois rémunérés par des postes bénévoles qui offrent moins que le salaire minimum », gronde le SCFP.