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Il ne faut pas jeter Facebook avec l’eau du bain

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Photo courtoisie À moins d’être durable, le boycottage publicitaire ne fera pas de gros dégâts financiers chez Facebook.

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Les réseaux sociaux qui paraissaient être la huitième merveille du monde au début de leur déploiement sur la toile sont aujourd’hui constamment mis en accusation face aux débordements de contenu haineux et autres dérives de plus en plus banalisées pour de larges fractions de nos populations. 

Après des erreurs relatives à la gestion des attentats de Christchurch et le scandale de Cambridge Analytica, Facebook se retrouve une nouvelle fois sur le banc des accusés aujourd’hui. Ce sont notamment le gouvernement du Québec, les villes de Montréal et de Laval, ainsi qu’un millier d’entreprises et institutions à travers le globe qui depuis quelques jours boycottent la légendaire plateforme en bloc, dans le but de dénoncer l’incapacité de cette dernière à gérer adéquatement les contenus haineux et les fausses nouvelles diffusés sur les pages, ainsi que les groupes dont elle autorise la création et la mise en ligne de contenus. 

Pour faire simple, d’un côté, nous avons des décideurs publics qui ne sont pas nombreux à vouloir légiférer pour encadrer les contenus haineux et la désinformation en ligne et qui, dans la foulée du mouvement #StopHateForProfit initié par des groupes de défense des droits civiques aux É.-U. après l’assassinat de George Floyd, reprochent notamment à Facebook ce qu’ils considèrent comme des insuffisances dans la capacité de ce dernier à réguler sur sa plateforme, les flots de contenus incitant à la haine et à la désinformation.

Et de l’autre côté, nous avons Facebook et son fondateur également propriétaire d’Instagram et de WhatsApp et dont l’ambition est certes de faire de l’argent, mais aussi de rapprocher le monde et non pas celle de jouer les moralisateurs ou les gendarmes en ligne ; car malgré les nombreux appels du pied auprès des gouvernements du monde, ils ne disposent toujours pas d’un cadre législatif efficient pour assumer adéquatement une telle charge. Conséquemment, ils déplorent l’incapacité des pouvoirs publics de légiférer en matière de contenus haineux numériques.

L’éléphant dans la pièce

En vérité, c’est l’inextricable équation mettant en lien la « liberté d’expression » et la « censure » qui incarne ici l’éléphant en plein milieu de la pièce. On l’évite. L’enjeu est très complexe et sensible aux É.-U., au Canada et au Québec.  

Aux É.-U., la liberté d’expression est protégée par le Premier amendement de la Constitution des États-Unis. Au Canada, elle est considérée comme un droit constitutionnel. De plus, au Québec, elle fait partie des libertés et des droits fondamentaux protégés par la Charte des droits et libertés de la personne. Aucune perspective d’amendement à moyen ou long terme... 

Le statu quo

Ajouté à cela le fait que ce boycottage de circonstance soit éphémère et sans gros impacts financiers chez Facebook, il y a de fortes chances qu’à court, moyen et long terme, le statu quo prévale et que des contenus haineux et la désinformation continuent d’abonder sur les plateformes.