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Accusé de vouloir un génocide musulman

Inculpation rare contre un homme de Boucherville

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Un criminel de la Rive-Sud qui aurait appelé à l’éradication des musulmans sur internet et menacé de mort Justin Trudeau fait désormais face à une rarissime accusation d’encouragement au génocide. 

André Audet, 62 ans, a été arrêté en décembre dernier par les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) après que des internautes eurent signalé ses propos choquants sur différents réseaux sociaux. 

Une perquisition a été menée dans son logement de la rue Darontal, à Boucherville, et du matériel informatique a été saisi pour analyse. 

D’autres publications

Audet a d’abord été accusé d’incitation à la haine. Or, en fouillant dans ses appareils électroniques, les enquêteurs ont découvert davantage de propos choquants. 

Il est ainsi revenu au palais de justice de Longueuil, lundi, où des accusations d’encouragement au génocide et d’intimidation envers une personne associée au système judiciaire, en l’occurrence le premier ministre du Canada, ont été ajoutées à son dossier. 

Dans un communiqué émis lundi matin, la GRC a indiqué qu’il s’agissait de la première fois au Québec que l’une de ses enquêtes menait à une accusation d’encouragement au génocide. 

« C’est rarissime et ce n’est pas une preuve qui est nécessairement usuelle à faire, a expliqué Me Isabelle Poulin, procureure de la Couronne. Malheureusement, en discutant avec les enquêteurs, j’ai compris qu’il s’agit de propos de plus en plus fréquents sur le web, que les gens ne contrôlent pas bien leurs frustrations. »

Centaine de messages

André Audet aurait utilisé plusieurs pseudonymes pour faire des publications dérangeantes et haineuses sur divers réseaux sociaux. Les enquêteurs auraient trouvé au moins une centaine de publications de ce genre. 

« L’accusé incitait à la mort du premier ministre Justin Trudeau et encourageait l’éradication des musulmans », indique-t-on dans le communiqué de presse de la GRC.

Audet a été remis en liberté pendant les procédures judiciaires et doit revenir en cour le 16 octobre. En attendant, il devra respecter des conditions, comme éviter les réseaux sociaux. 

Le sexagénaire a de nombreux antécédents judiciaires, notamment pour des dossiers de harcèlement criminel, de menaces, d’agression armée, de fraude à l’identité, de voies de fait et d’avoir braqué une arme à feu.