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Drame à Saint-Apollinaire: des citoyens inquiets barrent leurs portes ou désertent leur maison

Les résidents trouvent la situation «extrêmement stressante»

Emy Campbell
Photo Nicolas Saillant La résidente Emy Campbell dit barrer systématiquement ses portes derrière elle.

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Après cinq jours de recherches intensives pour retrouver le fugitif Martin Carpentier, certains résidents du rang Saint-Lazare avouent «avoir peur» alors que d’autres ont préféré déserter leur propriété, le temps qu’il y ait un dénouement.

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D’ordinaire bien tranquille, le rang Saint-Lazare de Saint-Apollinaire, où les recherches se sont concentrées lundi, est très achalandé.

Le va-et-vient de badauds au cours de la fin de semaine a même incité la Sûreté du Québec à contrôler la situation. 

Mère d’un bambin d’un an et demi, une résidente du rang a préféré quitter sa maison le temps que le tout se calme.

«J’ai trouvé que c’était plus sécuritaire de déserter», a expliqué Marie-Claude Lemay.

La sergente Ann Mathieu, de la Sûreté du Québec, a accompagné Marie-Claude Lemay, hier, pour aller chercher des effets personnels dans sa maison qu’elle a « désertée » le temps que tout se replace à Saint-Apollinaire
Photo Nicolas Saillant
La sergente Ann Mathieu, de la Sûreté du Québec, a accompagné Marie-Claude Lemay, hier, pour aller chercher des effets personnels dans sa maison qu’elle a « désertée » le temps que tout se replace à Saint-Apollinaire

Venue chercher des effets personnels hier après-midi, Mme Lemay a dit être craintive de rentrer chez elle seule. C’est donc la sergente aux communications, Ann Mathieu, qui a accepté d’accompagner la résidente, le temps de faire le tour de la maison.

Plus vigilante

Emy Campbell avoue aussi être plus vigilante, surtout depuis la découverte des deux fillettes.

«On ne prend pas de chance, on ne sait pas s’il est armé», explique la dame. Cette dernière affirme barrer systématiquement les portes derrière elle. 

«Même quand je vais dans le garage, je barre la porte derrière moi», dit celle qui hésite à sortir pendant la nuit. 

Il faut dire que plusieurs propriétaires de résidences, chalets et érablières du rang ne barrent pas leurs portes. «J’ai dit à mon voisin : barre donc tes portes cette semaine», relate une résidente.

Après avoir parlé d’une «tragédie nationale», le premier ministre François Legault est revenu sur le drame au début d’une conférence de presse sur l’état de la pandémie au Québec.

«S’il y en a qui sont, comme on dit en bon québécois, “à boute”, bien avant de faire des conneries, appelez et demandez de l’aide, il n’y a aucune honte à aller chercher du soutien», a-t-il soutenu, après s’être dit «choqué» par la mort de Romy et Norah Carpentier.

Aide psychologique

Sachant la situation «particulièrement anxiogène» pour la population, la municipalité de Saint-Apollinaire a d’ailleurs mis en place un service d’aide psychologique en collaboration avec le CLSC.

Les gens peuvent donc se rendre à la salle du conseil pour avoir du soutien. 

Des citoyens comme Christine pourront donc s’y rendre s’ils le souhaitent. La dame du rang Saint-Lazare s’est fait réveiller dans la nuit de jeudi par les policiers à la recherche, à ce moment-là, des fillettes et de leur père. 

«Ça réveille mal», disait-elle. De plus, Norah et Romy ont été découvertes à l’extrémité de son érablière. «C’est une situation extrêmement stressante», souligne-t-elle.

-Avec la collaboration de Vincent Larin, Agence QMI