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Un appel bel et bien entendu

D’ici l’automne, plus de 3000 Québécois auront fait un petit retour à la terre

Étienne Beauchamp - COVID-19
Photo courtoisie Étienne Beauchamp, 18 ans, du Jardinier de la Presqu’Île, à Saint-Damase en Montérégie, est fier d’avoir pu donner un coup de pouce aux cultivateurs plutôt que d’être resté à la maison à ne rien faire.

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L’Union des producteurs agricoles (UPA) estime que l’appel à travailler aux champs lancé par François Legault a porté ses fruits. 

En effet, des travailleurs québécois ont comblé les trois quarts des postes à pourvoir en raison de l’absence d’une partie de la main-d’œuvre étrangère.

« C’est une réussite parce que l’on va avoir eu 3000 travailleurs québécois sur les 4000 travailleurs étrangers manquants sur nos 12 000 cette année », a affirmé le directeur général de l’UPA, Charles-Félix Ross.

Ces derniers jours, le programme « J’y vais sur-le-champ » de l’UPA a été critiqué parce qu’à peine quelque 2000 Québécois sur les 14 000 qui ont soumis leur CV travaillent dans nos champs.

Récoltes sauvées

Hier, l’UPA s’est défendue en disant que bien des candidats ne sont plus disponibles parce qu’ils ont retrouvé leur emploi d’avant la pandémie.

Hier, Denis DesGroseilliers, copropriétaire des Jardins PurDélys et du Domaine LaBranche, à Saint-Isidore, en Montérégie, a salué le travail de sa trentaine d’étudiants, qui lui a permis de sauver plusieurs récoltes.

« Ça prend deux à trois jeunes de 13 ans à 16 ans pour faire le travail d’un travailleur latino. On est reconnaissant. On est fier que les jeunes aient accepté de venir travailler dans les champs. C’est un travail difficile », a expliqué le cultivateur, qui en aurait pris une bonne centaine.

Au Jardinier de la Presqu’Île, à Saint-Damase, le producteur Daniel McDuff était satisfait de son étudiant Étienne Beauchamp. 

« Durant les grosses chaleurs, il faisait ses journées », a-t-il insisté.

De son côté, le principal intéressé s’est dit heureux d’aider un fermier d’ici plutôt que de rester à la maison à ne rien faire en pleine pandémie.

« D’habitude, je travaille dans un garage. Je fais un peu de tout. J’ai donné mon nom à l’UPA. Ils m’ont proposé deux fermes dans mon coin. Les fraises, c’est dur pour les genoux, mais ce n’est pas si pire », a confié celui qui commence des études en mécanique le mois prochain.

Hier, la ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a reconnu au Journal que les fermiers souffraient du manque de travailleurs étrangers. Elle a rappelé qu’Ottawa leur verse une aide de 1500 $ par travailleur pour les aider à éponger les coûts de leur quarantaine.

La PCU, imparfaite

Quand on lui a demandé si la Prestation canadienne d’urgence (PCU) pouvait nuire aux agriculteurs, qui n’arrivent toujours pas à recruter leur main-d’œuvre, elle a plaidé l’efficacité.

« La pandémie a profondément affecté le quotidien et les finances de millions de Canadiens et c’est pourquoi notre gouvernement a agi rapidement pour leur apporter une aide d’urgence. Nous avons misé sur l’efficacité plutôt que sur la perfection », a-t-elle conclu.

  • Plus de 35 % des travailleurs étrangers manquent toujours à l’appel, soit un Guatémaltèque sur quatre et près d’un Mexicain sur deux, selon FERME Québec.

Programme « J’y vais sur-le-champ »  

  • Fermes inscrites : 789  
  • Incitatif : 100 $ par semaine 
  • Travailleurs québécois expérimentés : 1175 
  • Travailleurs québécois novices 1210 
  • Total : 2385  

Source : Union des producteurs agricoles