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En deuil... Mais pas impuissants.

Romy Norah Amelie Lemieux
Photo Agence QMI, Simon Clark Le rôle de notre société est plus que jamais de se regarder en face et de comprendre, tous ensemble, comment on peut en arriver là…

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Nous étions sans mot devant la douleur de la maman des sœurs Romy et Norah Carpentier. D’une immense dignité, madame Lemieux exprimait sa peine, ses hommages et pensées, qu’elle offrait à ses deux trésors. Moment intime, humblement partagé avec la grande famille québécoise, profondément choquée et solidaire de cette incommensurable souffrance.

Une vive émotion était bien perceptible dans la voix de nos journalistes à la barre de tous les bulletins de nouvelles. Un deuil, un choc collectif teinté d’une incrédulité qui prend au ventre. Une solidarité qui, au-delà de notre cœur gros, impose la question « Que faire » ?

Un drame insensé et une réflexion collective

Le rôle de notre société est plus que jamais de se regarder en face et de comprendre, tous ensemble, comment on peut en arriver là... Comme plusieurs professionnels de la santé mentale l’évoqueront, l’étincelle ou le déclencheur n’a aucune commune mesure avec l’ampleur d’un tel drame.

Il arrive que « des fils se touchent », mais cette étincelle prend une autre proportion quand elle active une poudrière d’émotions et de ressentiments, enfouis au fond de ce ben bon gars...

Du patriarcat à la perte des repères

Pourquoi a-t-on encore aujourd’hui tendance à faire taire les pleurs des hommes et des petits garçons ? Pourquoi considère-t-on comme plus normale l’émotion exprimée par des femmes ou des filles ? Pourquoi compte-t-on trois fois plus de femmes psychologues ?? Pourquoi est-ce en vaste majorité les femmes qui consultent ???

Entre nous messieurs, il faudra s’atteler pour sortir de notre caverne. Il en va de notre bonheur, de celui de toutes les femmes, filles et enfants. De leurs droits, de leur sécurité...

Concilier vie de parent, de conjoint, de collègue, de patron, d’ami, bref nos vies tout court, sous tous les angles, est plus complexe aujourd’hui que du temps de la traite des fourrures.

En ces temps de pandémie avec tout ce stress lié aux règles à respecter pour rester « libres », la tâche est parfois double. On est bien loin des années folles d’il y a... six mois à peine.

Se retrousser les manches, ensemble

Mais le Québec est l’une des sociétés parmi les plus privilégiées de cette planète. Ensemble, Québécois et Québécoises avons tout ce qu’il faut pour désamorcer et corriger ces travers dans notre modèle de société où se cachent souvent nos justifications pour des gestes déplacés ou carrément agressants, nos colères enfouies qui grondent et qui, parfois même, tuent.

La pandémie nous aura convaincus d’investir ce qu’il faut pour nos aînés. Les morts injustes comme les infanticides et les féminicides nous indiquent tout autant qu’il faut corriger ces iniquités de genres et de revenus. Et qu’il faut clairement améliorer l’accès à des consultations en psychologie, ouvertes et invitantes pour nos citoyens en détresse.

Mettons-y du cœur, du temps et, oui, de l’argent.

Ça adonne bien, y a les Millionaires for Humanity qui nous demandent d’imposer leur fortune à la santé de tous !