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Vague de dénonciations: Silence palpable après que Blanchet soit visé

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OTTAWA | Le silence radio régnait dans les rangs bloquistes, mercredi, pendant que la vague de dénonciation d’agressions et d’inconduites sexuelles happait de plein fouet le chef Yves-François Blanchet.

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Le leader du Bloc québécois «nie sans équivoque» des allégations faites anonymement sur Facebook selon lesquelles il aurait embrassé une femme sans son consentement et l’aurait incitée à avoir des rapports sexuels avec lui.

C’est la réponse qu’a offerte son attachée de presse, Carolane Landry, et derrière laquelle se sont rangés plusieurs députés contactés par notre bureau parlementaire à Ottawa.

«[M. Blanchet] invite la personne ayant publié les allégations à porter plainte aux autorités compétentes. Le chef du Bloc Québécois souhaite toujours que la justice puisse être interpellée afin de protéger de réelles victimes de gestes criminels», a soutenu Mme Landry en précisant que l'ex-péquiste a bien l’intention de poursuivre ses activités professionnelles.

Seul le député Louis Plamondon, doyen de la Chambre des communes, a commenté à titre d’élu pour dire qu’il a «pleinement confiance» en la déclaration de son chef.

M. Blanchet, qui était gérant du chanteur Éric Lapointe au moment des faits reprochés, s’est retrouvé au milieu de la vague de dénonciations qui soufflent sur le Québec depuis quelques semaines.

Dans une publication Facebook apparue mardi soir sur la page intitulée Hyènes en jupons, une femme raconte qu’elle aurait été prise à part par celui qu’elle appelle d’abord YF dans une soirée de festivités, en marge du lancement d’un album de la chanteuse Isabelle Boulay à la fin des années 90.

«Je me suis ramassée, après un moment, dans les toilettes avec YF, allègue la femme. Il m’invitait à faire de la coke. Une fois aux toilettes, il voulait une relation sexuelle en échange de sa coke. J'ai dit "Non!" Il insistait. J'ai continué à dire "Non!" Il était contre la porte, m'embrassait sans mon consentement, levait ma jupe.»

«Il touchait, partout, me suppliant d'au moins lui faire une fellation», écrit-on également dans la publication.

Précisons que ces allégations n’ont fait l’objet d’aucune preuve devant un tribunal. M. Blanchet n’avait pas d’activité publique à son agenda, mercredi, et Éric Lapointe n’a pas voulu émettre de commentaire, selon un porte-parole.

La femme de M. Blanchet, interpellée par TVA Nouvelles à Shawinigan, s’est contentée de dire qu’elle avait confiance en son mari.

Les réactions politiques ont par ailleurs été peu nombreuses. La plupart commentaient le mouvement de dénonciations au sens large et bon nombre se sont montrés prudents, comme le premier ministre québécois François Legault.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a pour sa part décoché une flèche contre ceux qui critiquent vertement le fait de lancer des allégations via les réseaux sociaux.

«C’est vrai qu’il peut y avoir des dérapages, mais je pense surtout qu’on doit entendre le ras-le-bol et l’impuissance des femmes qui nous entourent [...] et des hommes également face à une certaine banalisation de ces agressions-là, petites ou grandes», a-t-elle dit.

- Avec Raymond Filion, TVA Nouvelles, Cédric Bélanger et Guillaume St-Pierre, «Journal de Québec»