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Pour le bien de Vlad Jr. et des Jays

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Photo AFP Vladimir Guerrero Jr. est à sa place au premier coussin.

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Vladimir Guerrero Jr. va jouer au premier but cette saison. Tout un changement en début de carrière pour ce jeune joueur fort prometteur sur lequel les Blue Jays fondent beaucoup d’espoir.

Avant de le muter du troisième au premier coussin, les observateurs chez les Blue Jays ont analysé des tas de notes. 

Comment en sont-ils arrivés à une telle décision ? Voici quelques exemples qui ont marqué l’histoire des Expos.

Le grand défi du directeur du développement et du personnel des joueurs est d’identifier à quelle position un jeune a les meilleures chances de mériter un poste sur une base régulière dans le baseball majeur. Prenons l’exemple de trois membres du Temple de la renommée du baseball qui ont amorcé leur carrière avec les Expos.

Gary Carter

La première fois que Gary Carter a participé à un camp d’entraînement du réseau de filiales des Expos, c’était à Jamestown, dans l’État de New York. Il venait de signer son premier contrat avec les Expos lorsque je suis allé le chercher à l’aéroport pour ensuite le conduire à son hôtel.

À l’époque, j’étais l’adjoint administratif au directeur du recrutement et du développement des joueurs, Mel Didier. Le recruteur des Expos Bob Zuk a suivi la carrière amateur du « Kid » en Californie.

Malheureusement pour Gary, c’est la faute du dépisteur si notre immortel no 8 n’a pas été sélectionné en première ronde. Cette décision l’a privé de plusieurs centaines de milliers de dollars. Pourquoi attendre jusqu’à la troisième ronde pour le repêcher ?

Gary était blessé à un genou.

En passant, qui était le choix de première ronde ? L’excellent receveur Bobby Goodman, mais les nombreuses blessures ont mis fin rapidement à sa carrière. Le deuxième choix ? Le voltigeur Ellis Valentine qui, selon plusieurs, est le joueur avec le meilleur talent brut de l’histoire des Expos.

Il avait un problème majeur, la consommation de drogues.

Revenons à Carter. Le recruteur le qualifiait d’excellent joueur d’arrêt-court avec de la puissance. Sur la deuxième ligne de son analyse, il ajoutait qu’il avait le talent d’un jeune

Johnny Bench, l’un des meilleurs receveurs de l’histoire du baseball. En route vers l’hôtel, j’ai demandé à Gary de me dire la position à laquelle il préférait jouer. Sans aucune hésitation, il m’a répondu : « receveur ». 

En 1974, le torchon brûlait entre le directeur de personnel, Mel Didier, et le gérant de l’époque, Gene Mauch, qui favorisait les vétérans au poste de receveur. Carter s’est blessé aux côtes ainsi qu’au front après avoir donné violemment contre la clôture du champ extérieur à deux occasions alors qu’il évoluait au champ gauche, puis au champ droit.

Finalement, en 1977, le directeur général des Expos, Charlie Fox, et le nouveau gérant, Dick Williams, ont donné le poste de receveur numéro 1 à Carter.

Andre Dawson

Une autre décision qui a bien tourné pour les Expos, c’est celle qui a permis à Andre Dawson de devenir un membre du Temple de la renommée.

Le « Hawk » était un joueur d’avant-champ lorsque les Expos l’ont repêché. Il avait deux problèmes. Il avait mal aux genoux et son bras manquait de puissance. Encore une fois, le flair de Didier a bien servi des Expos. Après avoir consulté ses entraîneurs du réseau des Expos, il a décidé de convertir Dawson en voltigeur. 

Tim Raines

Le dernier, mais non le moindre, c’est Tim Raines. Il frappait pour la moyenne, il avait de la puissance et il volait des buts. Sa plus grosse carence, son jeu en défensive au deuxième but. Encore une fois, les Expos ont vu juste en le déplaçant au champ extérieur.

Guerrero au premier coussin

Plusieurs fois durant la carrière de Vladimir Guerrero Jr. dans les ligues mineures, je vous ai souligné que son jeu en défensive au troisième but laissait à désirer. D’ailleurs, avant son rappel dans les majeures, les Jays disaient que son jeu défensif n’était pas à point pour le baseball majeur. La pression médiatique a forcé les Jays à le rappeler des rangs mineurs trop rapidement. 

Plusieurs spécialistes croient maintenant qu’il doit jouer au premier but et ils comparent sa situation à celle d’Albert Pujols, qui a commencé sa carrière au troisième but et au champ extérieur.

La comparaison est toutefois complètement erronée. Pujols évoluait ailleurs qu’au premier but, car à sa première saison, les Cardinals de St. Louis avaient Mark McGwire au premier coussin et les deux saisons suivantes, il y avait Tino Martinez. Ensuite, il a été déplacé vers le premier but.

La meilleure comparaison est celle d’Andres Galarraga. Son sobriquet du « Gros chat » est la raison principale pour laquelle son jeu défensif, autant au troisième but qu’au poste de receveur, laissait à désirer.

En étant utilisé au premier but ou comme frappeur de choix, Guerrero connaîtra une meilleure carrière que s’il était confiné au troisième coussin.

J’estime qu’il a même des chances de connaître une aussi brillante carrière celle de l’excellent Miguel Cabrera, qui a amorcé sa carrière au troisième but. Il se dirige maintenant vers le Temple de la renommée.

Maxime Lamarche, dirigeant de l’année

Chaque ligue sportive a comme tradition d’honorer sa personnalité de l’année. À mon avis, une candidature mérite déjà qu’on s’y attarde, celle du directeur général de Baseball Québec Maxime Lamarche.

Ce jeune père de famille et ancien receveur professionnel, et de la Ligue de baseball junior élite du Québec, a accompli un travail remarquable, en collaboration avec la santé publique du Québec et les autorités gouvernementales, pour le retour du baseball dans les parcs du Québec.

Malgré les nombreux obstacles, Maxime trouvait toujours des solutions afin de permettre aux milliers de jeunes Québécois de pratiquer leur sport favori. 

Maintenant, c’est au tour des joueurs et des parents d’être prudents. Ce serait regrettable que la saison de baseball soit freinée en raison de la négligence des gens.