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Tout pour ralentir le tramway

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À quoi joue le gouvernement Legault? C’est la question qui vient à l’esprit lorsqu’on considère les derniers signaux envoyés par le premier ministre et son équipe au sujet du réseau structurant de Québec.

Le gouvernement Legault a placé les grands projets d’infrastructures de transport en commun au cœur de son plan de relance économique.

Il a aussi fait de l’électrification des transports le centre de ce qu’il a qualifié de «plus important chantier environnemental de l’histoire du Québec».

Et pourtant, quand il est question du tramway de Québec, pierre angulaire de son réseau de transport structurant qui s’inscrit dans ce courant vert, le gouvernement Legault donne l’impression de ramer à contre-courant.

Il voudrait le ralentir qu’il n’agirait pas autrement...

Ç’a commencé avec le premier ministre qui a exprimé son hésitation à appuyer la nouvelle mouture du projet, sans trambus.

Ça pouvait se comprendre, mais de tels échanges auraient dû se dérouler en privé. 

On a ensuite constaté que le gouvernement semblait peu ouvert à un échéancier accéléré pour sa réalisation. C’est ce que souhaitait la Ville, dans le but que tout soit réglé d’ici les élections de l’automne 2021. 

Lié au troisième lien

Puis, on apprenait cette semaine dans nos pages que le gouvernement avait commandé une étude d’achalandage pour «mieux comprendre l’impact du troisième lien» sur le projet.

Faut-il le rappeler, mais de nombreuses inconnues persistent en ce qui concerne le troisième lien.

Aucun coût ni financement n’y sont encore attachés. C’est loin d’être le cas du tramway, pour lequel une somme de 419 M$ a été décaissée en mars par le gouvernement du Québec. 

Le caucus de Québec, qui n’a jamais semblé très chaud face au projet, aurait-il trouvé une oreille attentive au sein du gouvernement?

Ou bien faut-il y voir une autre manifestation des relations tendues entre la CAQ et Régis Labeaume et son équipe? La game politique serait-elle en train de prendre le pas sur le bien commun?

Pendant ce temps, à Montréal, les projets de transport en commun à l’étude abondent : un lien entre Montréal et Laval, un autre pour joindre l’est et l’ouest de Laval, et un réseau qui relierait le sud-ouest et le centre-ville. On envisage aussi de prolonger le REM.

La mairesse de Montréal avait d’ailleurs, à cette occasion, salué l’important virage en matière de mobilité durable.

En route

À Québec, différents sondages ont indiqué que les appuis envers le projet avaient diminué. Mais lorsqu’on planifie l’aménagement et le développement d’une ville et d’une région pour l’avenir, on doit voir bien au-delà. 

Certes, la nouvelle mouture du réseau structurant révèle un projet dont la portée est diminuée, avec l’abandon du trambus pour des considérations budgétaires. On est toutefois bien loin d’un mauvais projet, qui demeure structurant, donc porteur pour le développement.

La bonne nouvelle, c’est que trois entreprises ont répondu à l’appel de qualification.

Avec une telle compétition, et un contexte favorable à une diminution de coûts, le projet bénéficiera d’une certaine flexibilité budgétaire. La flexibilité, toutefois, devra aussi animer le gouvernement s’il souhaite que le projet se concrétise.