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L’Espagne rend hommage aux victimes de la pandémie

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Madrid | L’Espagne rend, jeudi, un hommage solennel aux victimes de la COVID-19 en présence de dirigeants européens et de l’OMS, sur fond de rebond de l’épidémie dans l’un des pays européens les plus affectés.

Présidée par le roi Felipe VI, la cérémonie d’État devant le palais royal de Madrid commencera à partir de 9h00 (heure locale).

Le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Parlement européen, David Sassoli, le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, ainsi que le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, doivent y assister.

Ce dernier fera le déplacement en mémoire du «grand nombre de personnes qui ont perdu la vie à cause de la COVID-19 en Espagne et dans le monde» et afin d’afficher le soutien de l’OMS à tous les pays dans leur lutte contre le virus, a indiqué une porte-parole de l’institution des Nations unies (ONU). 

Durant cette cérémonie laïque, un orchestre interprétera l’hymne espagnol et le «Chant spirituel» de Johannes Brahms, tandis que des personnes affectées par la pandémie prendront la parole.

Reconfinement d’une zone en Catalogne

Cet hommage d’État aux victimes de la COVID intervient sur fond de rebond de l’épidémie dans le pays, près d’un mois après la fin d’un confinement très strict. 

Alors que la population a repris sa vie et que les frontières ont rouvert avec l’Europe et une douzaine de pays hors UE, l’Espagne a connu, ces derniers jours, une recrudescence des contaminations. 

Les autorités suivent de près plus de 120 foyers actifs. Celui qui les inquiète le plus est situé en Catalogne (nord-est), autour de la ville de Lérida, où environ 160 000 habitants ont été reconfinés mercredi. Il a été également demandé aux habitants de trois quartiers d’une banlieue de Barcelone, L’Hospitalet de Llobregat, de rester chez eux. 

Dans cette région et de nombreuses autres, les gouvernements régionaux ont serré la vis en renforçant le caractère obligatoire du masque, même quand la distance de sécurité peut être maintenue. 

Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, bombardé de critiques par l’opposition pour sa gestion de la crise, avait déjà décrété, fin mai, dix jours de deuil national pour les victimes, le deuil le plus long depuis le rétablissement de la démocratie dans le pays, en 1977. 

L’Espagne, septième pays du monde comptant le plus grand nombre de morts dus au coronavirus, a répertorié officiellement plus de 28 400 morts. Mais selon l’Institut national de la statistique et un organisme de recherche public, le pays a enregistré depuis mi-mars une surmortalité de 43 000 à 44 000 décès.

Le gouvernement affirme que ce chiffre inclut d’autres causes de décès ainsi que des cas présumés de COVID qui n’ont pu être confirmés par des tests PCR, condition indispensable pour être comptabilisé dans le bilan officiel.

L’exécutif de M. Sanchez, qui avait décrété l’état d’alerte du 14 mars au 21 juin afin de pouvoir imposer le confinement de la population, a exclu jusqu’ici de rétablir un tel régime d’exception et affirme que les régions, compétentes en matière de santé, disposent d’outils suffisants pour contrôler l’épidémie.

«Après le pic de la pandémie, les régions disposent d’instruments, dans leur législation sanitaire, pour faire face aux situations ponctuelles. Les rebonds étaient attendus et se produisent dans tous les pays», a plaidé mardi la vice-présidente, Carmen Calvo.