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Tramway: des commerçants sous le choc espèrent qu’ils seront indemnisés

Daniel Hébert, Denturologiste, réaction aux expropriations d
Photo Jean-Luc Lavallée Le denturologiste Daniel Hébert, dont le local est situé derrière le Subway de la 1re Avenue, au coin de la 18e Rue, a appris jeudi que son immeuble était visé sur la carte par une expropriation « totale ».

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Plusieurs commerçants, locataires d’un immeuble le long du tracé du tramway, ont appris jeudi comme tout le monde qu’ils allaient devoir déménager et demandent à la Ville de Québec de les indemniser.

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Le maire disait avoir avisé, jeudi, tous les propriétaires concernés par la carte des expropriations à venir. Or, plusieurs commerçants qui louent un local dans Limoilou ont été laissés pour compte et n’en avaient jamais entendu parler avant le dévoilement de la carte des expropriations sur le site web du BAPE.

« Ça écœure »

Le denturologiste Daniel Hébert, qui exploite une clinique dans un local à l’arrière du restaurant Subway au coin de la 1re Avenue et de la 18e Rue, était renversé d’apprendre que son immeuble apparaissait sur la fameuse carte dans la catégorie des « acquisitions totales ».

« On n’est au courant de rien, mais on est sur la carte. Ça écœure, excusez l’expression, mais moi, j’ai tout reconstruit de A à Z ici. Les améliorations locatives, ce n’est pas le propriétaire qui paie ça, c’est nous. Qu’est-ce qu’on va faire avec ça ? C’est sûr que ça m’inquiète. Moi, je suis en transition pour une préretraite, mais c’est ma fille qui prenait la relève, donc elle aussi, elle est restée bête », a-t-il réagi.

Le propriétaire de l’immeuble, Réjean Grondin, tentait encore jeudi de comprendre la situation. Il dit avoir reçu une lettre, la veille, l’informant d’une « acquisition partielle », mais n’avait pas encore joint la Ville pour savoir de quoi il retourne.

Une carte qui n’est pas à jour

La directrice générale du Centre de prévention du suicide, Lynda Poirier, a vécu la même situation.

Même si son immeuble, près de l’hôpital Saint-François-d’Assise, est visé sur la carte par une expropriation « totale », elle dit avoir été rassurée par les autorités qui lui ont confirmé que ce n’était plus le cas. 

« Ce que je comprends, c’est que la carte est évolutive et on ne serait pas affectés. Je vais pouvoir dormir sur mes deux oreilles. »

Le Journal a également appris la nouvelle d’une expropriation à venir à des employés de la Brûlerie Limoilou et du commerce Le Grenier à Charlesbourg, sur le boulevard Henri-Bourassa. La propriétaire d’une épicerie africaine, qui n’a pas voulu être nommée sur la 1re Avenue, se désolait aussi de la situation.

« Ça fait 15 ans que je suis ici. Il y a beaucoup d’immigrants qui viennent avec le bouche-à-oreille. Ma clientèle est établie et j’ai un bon chiffre d’affaires », a-t-elle réagi, catastrophée.

D’autres, comme le cordonnier Guy Dupont, se sont déjà résignés à fermer boutique. « J’ai 71 ans. J’attendais un signe du ciel pour prendre ma retraite. Là, c’est pas mal la fin. »