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Ça ne peut pas être une mort de plus

Ça ne peut pas être une mort de plus

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La nuit de son anniversaire, après une fête organisée par ses amis dans cette micro-brasserie de Stoneham qu’il aimait tant... 26 ans... Fauché par une voiture.

La mort de Philippe Verreault ne doit pas être une mort de plus. On ne peut plus, au Québec, pleurer, déposer des fleurs au bord d’une route, se souvenir... et attendre le prochain drame.

Phil était un « grand petit homme ». Plein de vie. Toujours le sourire aux lèvres. Il avait la passion du ski et la passion de ses amis. Athlète, puis entraîneur au Club de ski Stoneham, il faisait partie des meubles.

Depuis jeudi matin, une vague d’émotions a envahie les réseaux. Des photos de la voiture, des fleurs et des témoignages, les sourires de Phil. Il y a eu des larmes, mais aussi des rires en se rappelant sa joie de vivre. Comme un air de déjà vu... Comme lors du dernier drame causé par la vitesse et l’alcool au volant. Comme lors du prochain. Et nous devrions rester sans rien faire? Attendre et recommencer?

Les municipalités et l’État font déjà beaucoup pour assurer la sécurité de nos rues et de nos routes. Mais ça n’est pas suffisant puisque des drames surviennent. Ça n’est pas suffisant puisqu’il reste des conducteurs inconscients. Ça ne sera jamais suffisant tant que des morts inutiles continueront à briser des cœurs.

Mais c’est tout de même pas difficile à comprendre! Vous avez trop bu, vous ne conduisez pas! Vous êtes en ville, ou vous traversez un zone habitée, vous faites encore plus attention à votre vitesse! Sinon, vous risquez, pour rien, de briser votre vie et aussi la vie de celles et ceux que vous allez croiser. Comme dans la nuit de mercredi à jeudi sur la 1re Avenue à Stoneham... Une vie a été perdue. Celle de Philippe. Une autre a été détruite. Celle du conducteur de la voiture qui l’a heurté...

La vie est déjà suffisamment difficile pour beaucoup trop de gens qu’il n’est pas très utile d’en rajouter. Ne croyez-vous pas?

On nous a imposé, durant les quatre derniers mois, certaines contraintes pour passer à travers de cette pandémie. Nous avons respecté, pour la plupart d’entre nous, les règles visant à nous protéger nous-mêmes et à protéger les autres. Alors pourquoi ne pas respecter les règles quand nous sommes derrière un volant?

La mort est une souffrance. Elle est une rupture. Elle est un scandale. La mort de notre Phil en est un. Un scandale inutile. Incompréhensible. Inacceptable. Mais revenir en arrière est impossible. La seule chose possible est de s’assurer que ça ne recommence pas ou le moins souvent possible...

Avec un peu de recul, la reconnaissance d’avoir eu la chance de partager la vie de Philippe et d’en avoir été marqués prendra peut-être le dessus. «Ce n’est pas le nombre des jours qui fait la beauté d’une personne, c’est la qualité de son présent, celle de son engagement. Et probablement aussi son sourire.» Ce sourire que nous ne reverrons plus.

La mort de Philippe Verreault ne doit pas être une mort de plus!

Nicolas Mazellier

Ancien président du Club de ski Stoneham