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Ellen DeGeneres n’échappe pas à la vague de manifestations

Ellen DeGeneres n’échappe pas à la vague de manifestations
AFP

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Je m’éloigne un peu de la seule sphère politique pour souligner à quel point il n’y a pas que les décideurs qui marchent sur des œufs au moment où le pays est toujours marqué par des manifestations raciales.

C’est au tour d’Ellen DeGeneres et de son équipe de production de répondre à des allégations de racisme. Ce n’est pas banal si on considère l’image que projette la star. DeGeneres, c’est la joie, la générosité, le partage, la confiance et l’inclusion. Mais dans un contexte aussi polarisé, il devient très difficile de satisfaire tout le monde et d’échapper à la critique.

Vous vous souvenez peut-être que DeGeneres avait déjà traversé une petite tempête l’an dernier après la diffusion d’une photo en compagnie de George W. Bush. Sa compagne et elle assistaient alors à un match des Cowboys de Dallas en compagnie de l’ancien président.

Comment une progressiste gaie d’Hollywood pouvait-elle être l’amie d’un conservateur républicain? Si je considère l’incident comme banal, voire même ridicule, la fronde était sérieuse et l’animatrice s’était expliquée. Ne devrait-on entretenir des amitiés qu’avec les gens qui partagent notre point de vue? Je ne sais pas pour vous, mais si tel est le cas, je devrais réduire drastiquement le cercle de mes amis!

Ellen DeGeneres a bien surmonté «l’épisode George W. Bush», mais les attaques dirigées vers son équipe de production me semblent cette fois plus sévères. D’anciennes employées de l’émission dénoncent une culture de travail particulièrement toxique. Au cœur des dénonciations, le racisme.

Une douzaine de femmes, majoritairement noires, avancent qu’on les a congédiées de manière subite et en raison de la couleur de leur peau. Aux accusations de racisme, on ajoute des conditions de travail déplorables; faible rémunération, couverture médicale insuffisante et insécurité.

Les accusations sont particulièrement graves et on reproche à l’animatrice ne pas suffisamment s’impliquer dans la gestion de son émission. Il va sans dire que cette situation pourrait être néfaste pour l’émission ainsi que pour la réputation de DeGeneres.

Ces dénonciations sont peut-être fondées, nous le saurons éventuellement. Je m’y suis intéressé parce que cette situation démontre bien à quel point la question raciale est un enjeu particulièrement important en 2020. Ce n’est pas la première fois, mais cette fois, on ne décolère pas et les manifestations perdurent même si les médias américains en font une couverture moins soutenue.

Je reviens à la campagne présidentielle pour clore ce billet. Vous croyez que Joe Biden a encore le choix de ne pas retenir une colistière noire? Il y a déjà des mois que je suis convaincu qu’il s’agit de sa meilleure option, qu’il doit dépasser les belles paroles ou les promesses pour livrer la marchandise. 

On peut bien parler encore d’Elizabeth Warren, mais gardez un œil (ou les deux yeux!) sur Kamala Harris, Val Demings, Keisha Lance Bottoms, Stacey Abrams et Susan Rice. Ce sont toutes des femmes compétentes qui ont chacune quelque chose de précieux à offrir.