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Le port du masque comparé à l’interdiction de fumer

Le port du masque comparé à l’interdiction de fumer
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Alors que le port du masque dans les lieux publics fermés devient obligatoire samedi au Québec, des experts comparent cette mesure à celles entourant l’usage du tabac, faisant ainsi passer la protection des travailleurs avant l’argument des libertés individuelles invoqué par les opposants au couvre-visage.

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Selon les travaux de trois professeurs d’université, publiés dans l’American Journal of Preventive Medicine, le port du couvre-visage est une « protection fondamentale pour la santé » afin d’enrayer la propagation de la COVID-19 parmi les travailleurs des magasins, restaurants et autres endroits publics.

« La COVID-19, comme la fumée de tabac, met en danger la qualité de l’air et la santé des travailleurs qui peuvent y être exposés pendant des heures. Exiger que les gens portent des masques est une forme de protection du milieu de travail », a dit Michael Vuolo, coauteur de l’article et professeur agrégé de sociologie à l’Université Ohio State.

Le compte rendu des travaux a été rapporté par l’Ohio State News, le site internet couvrant l’actualité du campus.

Les recherches de Vuolo portent sur l’efficacité des interdictions de fumer. L’article en question a aussi été rédigé par Brian Kelly, professeur de sociologie à l'Université Purdue et expert en politique de la santé, ainsi que par Vincent Roscigno, professeur de sociologie à l’Ohio State, dont le champ d’études porte sur le travail et les droits des travailleurs.

Même rengaine

Les professeurs rappellent que le principal argument des opposants au port du masque, soit qu’il brime les libertés individuelles, est le même que celui invoqué jadis par ceux qui étaient réfractaires aux lois interdisant le tabac dans les lieux publics.

« Mais même les philosophies les plus strictes sur la liberté individuelle reconnaissent toujours que ces libertés s’arrêtent lorsqu’elles commencent à nuire aux autres », a déclaré Vuolo.

Pour ce dernier, « il est clair que la COVID-19 est une menace pour les travailleurs qui pourraient y être exposés. Le port de masque peut contribuer à minimiser cette menace. »

L’article mentionne qu’il y a aussi un enjeu d’équité et d’égalité. Plusieurs travailleurs des services et de la vente au détail sont des personnes qui gagnent des salaires inférieurs et qui peuvent aussi faire partie de minorités ethniques.

Danger invisible

« Le risque provenant des fumeurs est clair. Mais les travailleurs ne savent pas qui peut avoir la COVID-19 et qui n’en a pas. Cela rend les exigences de masque pour tout le monde encore plus importantes », a souligné Vuolo, pour qui la COVID-19 induit des dangers plus trompeurs que le tabagisme.

Vuolo estime qu’il est important de se rappeler à quel point les interdictions de fumer étaient controversées lors de leur première mise en œuvre, alors que maintenant elles ne sont plus remises en question.

« Le port d’un masque peut sembler une nuisance, tout comme devoir sortir pour fumer peut sembler une nuisance. Mais les deux sont un petit inconvénient par rapport aux droits des travailleurs à un environnement de travail sûr », a conclu Vuolo.