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Les boîtes de nuit préfèrent fermer qu’ouvrir jusqu’à minuit

Les boîtes de nuit préfèrent fermer qu’ouvrir jusqu’à minuit
PHOTO COURTOISIE/Facebook Don B Comber

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Très peu de bars montréalais connus pour leurs pistes de danse continuent d’ouvrir leurs portes une semaine après l’interdiction de vendre de l’alcool après minuit. 

Pour la majorité d’entre eux, cette nouvelle condition les a incités à fermer pour une période temporaire, qui pourrait devenir permanente tout en fonction de la durée de la pandémie.

«On a essayé d’ouvrir plus tôt, mais il n’y a personne qui se présente. On a essayé, on les invite plus tôt, mais ils arrivent quand même à 21h30 ou 22h, et à minuit, on pète leur "fun"», a soutenu vendredi le copropriétaire du Don B Comber, sur le boulevard Saint-Laurent, Jeff Blanchette.

La fin de semaine suivant l’annonce de la santé publique, François Boitard, copropriétaire du Rouge Bar et du Don B Comber, a tenté une ouverture similaire, en vain.

«J’ai dépensé 10 000$ en tabourets pour qu’une semaine après, ils annoncent qu’on va devoir fermer à minuit», a-t-il raconté.

«On dirait qu’ils savent où ils s’en vont, mais ne veulent pas prendre la décision [de nous fermer totalement] pour pas qu’on aille après eux», a-t-il ajouté.

Chez A5 Hospitality, un collectif de 17 restaurants et boîtes de nuit dans le grand Montréal, tous les établissements qui détenaient une piste de danse ont préféré fermer.

Nick Urli, propriétaire de cinq établissements parmi ceux du collectif, appuie les propos de M. Boitard.

«On se met à jour, on investit de l’argent dans nos systèmes. Deux semaines après, ils nous ferment. C’est le minuit à 3h qui est payant. Avant ça, ça ne sert à rien.»

Difficile de se réinventer

Pour M. Urli, réinventer le concept des bars n’est pas un jeu d’enfant. «Oui, on peut créer des produits un peu plus lounge où les gens peuvent venir jusqu’à minuit ou 1h. Est-ce que le comportement du client va changer?», a-t-il demandé.

«Ça évolue tellement vite. Admettons qu’on décide de s’ajuster et de créer des habitudes de consommation et que, dans deux semaines, ils nous disent qu’on peut rouvrir totalement, on aura tout fait ça pour rien. Comme ce qu’on vient de faire récemment en investissant des sous et de l’énergie dans des formules», a-t-il enchaîné.

M. Urli prend en exemple son «supperclub» Flyjin, dans le Vieux-Port, où le chef connu Antonio Park a concocté le menu. Celui-ci exerce ses activités dans un décor intimiste avec des lumières tamisées au maximum. «Tu ne t’en vas pas dans un sous-sol comme le Flyjin à 16h, a-t-il résumé. Ça ne marche pas.»

Dans les prochaines semaines, M. Urli et son équipe transformeront le Flyjin en «restaurant festif», où régnera une ambiance telle celle d'un lounge. Les invités devront être assis en tout temps. Le but est de faire de l’endroit un lieu festif, sans que cela tombe en boîte de nuit, explique-t-il.

Au Soubois, restaurant et boîte de nuit sur le boulevard de Maisonneuve, une expérience similaire est en voie de se concrétiser. À l’heure actuelle, seule la partie restaurant est accessible à tous.