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L’Ohio également dans la mire de Joe Biden

L’Ohio également dans la mire de Joe Biden
AFP

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Pendant plusieurs cycles électoraux, l’Ohio était considéré comme un État pivot, le baromètre par excellence. Barack Obama s’y est imposé à deux reprises. Puis, brusquement, l’État a tourné le dos à Hillary Clinton, Donald Trump y obtenant une victoire convaincante.

Si le président actuel s’est imposé par huit points de pourcentage, son avance s’est effritée progressivement depuis le début du mois de juin. Les plus récents sondages indiquent que le candidat démocrate y jouit maintenant d’une mince avance de deux points, à l’intérieur de la marge d’erreur.

Ce changement récent constitue donc un autre indicateur des difficultés du président sortant. Un peu comme c’est le cas pour le Texas, les démocrates n’espéraient pas prendre l’Ohio dès cette année. La victoire est loin d’être acquise et Donald Trump pourrait bien s’emparer des dix-huit grands électeurs de l’État, mais les stratèges démocrates ont raison d’être optimistes et un peu plus agressifs dans le déploiement des ressources en Ohio.

Comment expliquer que la campagne Trump vacille maintenant? Il faut considérer un certain nombre de facteurs. En 2016 le républicain promettait aux électeurs de relancer la production de l’acier et du charbon, deux piliers de cette zone industrielle. Un message d’espoir auquel se sont accrochés les travailleurs d’une région sérieusement ébranlée.

Même si les électeurs de l’État reconnaissent que la COVID-19 a plombé des initiatives du président, leur confiance dans sa stratégie s’est estompée. 

Les difficultés de l’administration n’expliquent pas tout. C’est en Ohio qu’on peut comprendre pourquoi l’establishment et les stratèges démocrates préféraient miser sur Joe Biden. Non seulement peut-il concentrer le vote de la communauté noire, mais pour les travailleurs déçus, sa candidature représente une option crédible. Si le bagage politique de Biden revient parfois le hanter, ici on se souvient qu’il s’est toujours porté à la défense de leurs intérêts.

Nous nous plaisons souvent à répéter que le jour du scrutin est encore loin et qu’en trois ou quatre mois bien des surprises peuvent survenir. Échaudés par la victoire serrée de Donald Trump en 2016, bien des observateurs hésitent à souligner à quel point la campagne républicaine éprouve de sérieuses difficultés. Mais cet excès de prudence ne doit pas masquer une tendance lourde et la progression rapide des appuis de Joe Biden.

Il est tout à fait possible que le président sortant regagne le vote de l’Ohio, mais le seul fait que la course y soit aussi serrée confirme une tendance lourde. Pendant ce temps, la COVID-19 progresse et l’angoisse des électeurs également.