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Un cri du cœur et une rue pour éviter un autre drame

Un cri du cœur et une rue pour éviter un autre drame
Photo courtoisie

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Un proche du jeune homme de 26 ans qui a été happé mortellement à Stoneham, mercredi soir, lance un cri du cœur pour éviter qu’un autre drame du genre ne survienne, alors qu’un segment de la 1re Avenue pourrait être nommé en son nom.

«La mort de Philippe Verreault ne doit pas être une mort de plus. On ne peut plus, au Québec, pleurer, déposer des fleurs au bord d’une route, se souvenir... et attendre le prochain drame», écrit Nicolas Mazellier, atterré par le décès tragique de son ami de longue date, dans une lettre qu’il a fait parvenir au Journal.

Philippe Verreault était un athlète du Club de ski Stoneham durant de nombreuses années avant de devenir à son tour entraîneur.
Photo Facebook
Philippe Verreault était un athlète du Club de ski Stoneham durant de nombreuses années avant de devenir à son tour entraîneur.

Philippe Verreault venait de célébrer son 26e anniversaire avec des amis lorsqu’il a été frappé par une voiture, alors qu’il marchait sur le bas-côté de la 1re Avenue, un peu avant minuit. Selon les premiers éléments d’une enquête qui est toujours en cours, l’alcool et la vitesse pourraient être en cause.

«La mort est une souffrance. Elle est une rupture. Elle est un scandale. La mort de notre Phil en est un. [...] Mais revenir en arrière est impossible. La seule chose possible est de s’assurer que ça ne recommence pas ou le moins souvent possible...», ajoute M. Mazellier, espérant sensibiliser les automobilistes qui ont bu à ne pas prendre le volant.

Marche silencieuse

Ancien président du Club de ski Stoneham, dans lequel Philippe Verreault a agi à titre d’athlète, mais aussi comme entraîneur, Nicolas Mazellier connaissait le défunt depuis plus d’une quinzaine d’années.

«Phil était un "grand petit homme". Plein de vie. Toujours le sourire aux lèvres. Il avait la passion du ski et la passion de ses amis», relate-t-il, souhaitant que le sourire du jeune homme «demeure dans les montagnes et Stoneham à tout jamais».

Pour cette raison, une marche silencieuse est organisée pour commémorer sa mémoire à la station touristique Stoneham, samedi matin. Une soixantaine de proches de Philippe Verreault sont attendus pour le départ au chalet du Club de ski Stoneham vers 9h.

Par ailleurs, une pétition circule actuellement sur la plateforme change.org pour nommer une piste de la station de ski Stoneham en l’honneur de la victime. Vendredi soir, plus de 3500 personnes l’avaient déjà signée.

Une rue à son nom

Touché par le drame qui a pris la vie d’un de ses citoyens, le maire de la municipalité, Claude Lebel, tentera de faire adopter une résolution dans le but de changer le nom d’un segment de la 1re Avenue en mémoire du jeune homme. Une idée proposée par des proches de la famille qui a semblé «très appropriée» pour les membres du conseil, selon M. Lebel.

La toute nouvelle «avenue Philippe-Verreault» serait située entre l’avenue Tewkesbury et le chemin du Hibou. Il s’agit de l’endroit exact où la victime a été happée, alors qu’elle marchait sur le bas-côté.

«Il y a deux objectifs à ça. D’une part, on veut souligner la valeur de notre citoyen qui a été un actif extrêmement positif, notamment au niveau sportif, pour Stoneham. Mais aussi, pour ne pas que cet incident s’efface dans les mémoires», explique le maire, espérant que les changements soient effectués d’ici la période des Fêtes.

La lettre de M. Mazellier    

Ça ne peut pas être une mort de plus

La nuit de son anniversaire, après une fête organisée par ses amis dans cette micro-brasserie de Stoneham qu’il aimait tant... 26 ans... Fauché par une voiture.

La mort de Philippe Verreault ne doit pas être une mort de plus. On ne peut plus, au Québec, pleurer, déposer des fleurs au bord d’une route, se souvenir... et attendre le prochain drame.

Phil était un «grand petit homme». Plein de vie. Toujours le sourire aux lèvres. Il avait la passion du ski et la passion de ses amis. Athlète, puis entraîneur au Club de ski Stoneham, il faisait partie des meubles.

Depuis jeudi matin, une vague d’émotions a envahi les réseaux. Des photos de la voiture, des fleurs et des témoignages, les sourires de Phil. Il y a eu des larmes, mais aussi des rires en se rappelant sa joie de vivre. Comme un air de déjà-vu... Comme lors du dernier drame causé par la vitesse et l’alcool au volant. Comme lors du prochain. Et nous devrions rester sans rien faire? Attendre et recommencer?

Les municipalités et l’État font déjà beaucoup pour assurer la sécurité de nos rues et de nos routes. Mais ça n’est pas suffisant puisque des drames surviennent. Ça n’est pas suffisant puisqu’il reste des conducteurs inconscients. Ça ne sera jamais suffisant tant que des morts inutiles continueront à briser des cœurs.

Mais c’est tout de même pas difficile à comprendre! Vous avez trop bu, vous ne conduisez pas! Vous êtes en ville, ou vous traversez une zone habitée, vous faites encore plus attention à votre vitesse! Sinon, vous risquez, pour rien, de briser votre vie et aussi la vie de celles et ceux que vous allez croiser. Comme dans la nuit de mercredi à jeudi sur la 1re Avenue à Stoneham... Une vie a été perdue. Celle de Philippe. Une autre a été détruite. Celle du conducteur de la voiture qui l’a heurté...

La vie est déjà suffisamment difficile pour beaucoup trop de gens qu’il n’est pas très utile d’en rajouter. Ne croyez-vous pas?

On nous a imposé, durant les quatre derniers mois, certaines contraintes pour passer à travers de cette pandémie. Nous avons respecté, pour la plupart d’entre nous, les règles visant à nous protéger nous-mêmes et à protéger les autres. Alors, pourquoi ne pas respecter les règles quand nous sommes derrière un volant?

La mort est une souffrance. Elle est une rupture. Elle est un scandale. La mort de notre Phil en est un. Un scandale inutile. Incompréhensible. Inacceptable. Mais revenir en arrière est impossible. La seule chose possible est de s’assurer que ça ne recommence pas ou le moins souvent possible...

Avec un peu de recul, la reconnaissance d’avoir eu la chance de partager la vie de Philippe et d’en avoir été marqués prendra peut-être le dessus. «Ce n’est pas le nombre des jours qui fait la beauté d’une personne, c’est la qualité de son présent, celle de son engagement. Et probablement aussi son sourire.» Ce sourire que nous ne reverrons plus.

La mort de Philippe Verreault ne doit pas être une mort de plus!