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Bienvenue au Far West

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Décidément, la vague de dénonciations d’inconduites sexuelles ne semble pas vouloir ralentir. Victoire des victimes ou fin de la présomption d’innocence ? À vous de choisir.

C’est risqué et impopulaire de le dire, mais je m’inquiète des dérives qui viennent inévitablement avec des condamnations sans procès.

Le goudron et les plumes

L’avantage des médias sociaux, c’est qu’ils donnent une voix à ceux et celles qui n’en ont pas. Sur le web, de nombreuses victimes ont réussi à se réapproprier leur dignité, à reprendre le contrôle sur le narratif de faits atroces qu’elles ont vécus.

Malheureusement, les accusés, eux, n’ont plus aucun moyen de se défendre, une fois nommés. Comme au Far West, c’est le goudron et les plumes, sans autre forme de procès.

C’est vrai qu’il faut un courage immense pour dénoncer son agresseur et que les fausses accusations sont rarissimes, mais elles existent, beaucoup plus sur le web que dans la « vraie vie » d’ailleurs. Mais en parler, c’est appeler les jets de pierre.

Alors, comment peut-on, d’une part, croire inconditionnellement les victimes qui dénoncent, mais aussi croire à la présomption d’innocence ? De nos jours, c’est impossible de tenir ce discours sans se faire attaquer, démonter.

Manuel d’autodéfense

Au cœur de la majorité de ces histoires, il y a le concept du consentement. Celui qu’on donne, celui qu’on devrait pouvoir retirer à tout moment, celui qu’il faut demander et valider à chaque instant.

Le drame, c’est qu’un nombre encore trop important de jeunes entrent dans la vie sans avoir la capacité d’écouter cette petite voix, au fond d’eux, qui leur crie de dire non.

Est-ce que ça exonère les agresseurs ? CERTAINEMENT PAS. Est-ce que ça invalide le trauma des victimes ? Ça ne devrait pas.

Mais tant qu’on pensera que la solution repose uniquement du côté des futurs agresseurs, on fermera les yeux sur 50 % du problème.