/investigations/health
Navigation

Mystère autour des réserves d’équipements médicaux

Conférence François Legault
Photo Ben Pelosse Le premier ministre François Legault en conférence de presse à Montréal le 8 juin dernier.

Coup d'oeil sur cet article

Quel est le niveau des réserves d’équipement médical du Québec si une nouvelle vague de la COVID-19 se produisait ? Impossible de le savoir précisément.

• À lire aussi: Le Québec est-il prêt pour la 2e vague?

Malgré les engagements à la transparence du premier ministre François Legault, le ministère de la Santé a refusé de répondre à des questions de notre Bureau d’enquête à ce sujet.

Les seules indications qu’on nous a fournies sont les suivantes. 

Le ministère bâtit actuellement une réserve de gants, de masques chirurgicaux et N95, et de blouses de protection – bref d’équipement de protection individuelle (EPI) – équivalant à des besoins pour six mois en période de pandémie.

« La réserve est complétée pour certains EPI, alors que pour d’autres, les produits sont en commande », explique le ministère de la Santé dans un courriel envoyé cette semaine.

Pour le reste, on verra peut-être un jour.

Un mystère

Impossible donc d’en apprendre plus, malgré nos questions. Concrètement, cela veut dire que pour l’instant, le ministère ne veut pas révéler la quantité d’articles dont on dispose dans les réserves ni dévoiler ceux qui manquent ou encore ceux qui sont en quantité suffisante. Par exemple, le nombre exact de blouses ou de paires de gants stockés dans les entrepôts reste un mystère.

D’obscures questions de sécurité justifieraient ce mutisme. « Pour des raisons de sécurité, le ministère ne rend pas public l’état de ses approvisionnements », écrit-on dans le courriel.

On se rappellera qu’au début de la pandémie de COVID-19, le gouvernement Legault avait été pris au dépourvu : les réserves d’urgence de matériel médical étaient inexistantes au Québec. Cette situation avait nui considérablement à la mise en place des premières mesures de contrôle du coronavirus.

Par la suite, tout au long de la crise, le premier ministre Legault a répété qu’il souhaitait être transparent dans la gestion de l’équipement. Il a fait plusieurs déclarations en ce sens.

Responsabilité

Appelée à réagir, la porte-parole en matière de santé du Parti libéral du Québec, Marie Montpetit, soutient que le gouvernement Legault devrait fournir des informations complètes sur les réserves.

« La pénurie d’équipement de protection a été un des facteurs clés de l’échec du gouvernement dans la première phase de la pandémie », a souligné la députée.

« Dans ce contexte, a-t-elle ajouté, le ministère et le gouvernement devraient comprendre [...] qu’ils ont la responsabilité de rassurer la population et les travailleurs de la santé quant aux réserves d’équipement de protection. » 

Les déclarations de François Legault  

Depuis le début de la pandémie, François Legault a laissé entendre à plusieurs reprises que la transparence était un principe qui le guidait dans ses communications avec les Québécois. Voici trois exemples tirés de ses conférences de presse. 

22 mars  

  • M. Legault fait le point sur la faible quantité d’équipement médical alors en réserve dans le réseau de la santé.   

« On est corrects, dit-il, pour les quelques semaines qui viennent. Évidemment, en toute transparence, pour la suite, on compte sur des commandes, puis on ne prend pas de chance. » 

31 mars  

  • Revenant sur la réserve d’équipement qui est à un niveau critique, M. Legault affirme qu’il se doit de tout dire aux Québécois.   

« Je veux aujourd’hui être clair, je veux vous dire la vérité : pour certains équipements, on en a pour trois à sept jours. Donc, c’est quand même serré. » 

11 avril 

  • Alors qu’on craint une pénurie de certains médicaments, le premier ministre évoque de nouveau la nécessité de la transparence :   

« On a un problème du côté des médicaments. Donc, j’aime mieux être transparent. Il y a une vingtaine de médicaments où on en a peut-être pour à peu près une semaine. »