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Sauve qui peut...

Campeau
Photo courtoisie Sébastien Garneau déjoue fréquemment de belles truites grises avec sa technique que l’on pourrait surnommer Sauve qui peut.

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Lorsque les truites grises se vautrent près des bas-fonds, comme c’est présentement le cas, la pêche à la jig est une excellente méthode pour réussir à les attraper.

La pêche à la dandinette, avec une tête plombée et un corps souple, a aidé de nombreux adeptes à déjouer de beaux touladis. Tout comme on le fait pour le doré, on laisse descendre notre offrande jusqu’au fond et on la remonte de 30 à 45 cm, sur un axe droit, pour la laisser redescendre et ainsi de suite. On soutiendra le leurre lors de sa chute pour bien sentir les attaques et on tentera de toujours maintenir une certaine tension lors des motions de bas en haut.

Les morsures sont violentes à l’occasion, mais la plupart du temps elles sont drôlement subtiles. Si l’on ne prête pas vraiment attention, on risque de manquer l’action. On a même intérêt à tenir le fil entre nos doigts afin de détecter davantage les interactions. Dès qu’on perçoit une touche, il est impératif de ferrer sur-le-champ. En cas de doute, il est préférable de relever rapidement le bout de la canne plutôt que de regretter de ne pas l’avoir fait.

Un passionné

Sébastien Garneau, d’Orford, a guidé pendant plus d’une décennie au lac Memphrémagog avant de prendre sa retraite de ce domaine très demandant et de réorienter sa carrière. Il concentrait principalement ses efforts sur les salmonidés de ce grand plan d’eau de l’Estrie. Je me souviens de l’avoir croisé sur ce lac de 40 km de longueur. Ses clients étaient incroyablement heureux d’avoir intercepté leur limite en quelques minutes seulement. Le poids moyen de leurs poissons variait de 2,5 à 5 kilos.

Technologie de pointe

M. Garneau aime bien se servir d’un sonar performant. Il a récemment été impressionné par les performances de l’EchoMap UHD 95SV avec une sonde GT54 ainsi que la fameuse Panoptix de Garmin. Avec cette unité à haute définition, tout comme avec la plupart des appareils modernes sur le marché qui sont correctement ajustés, il regarde son leurre s’enfoncer sur un axe vertical vers les abysses. « Si l’amateur ne voit pas sa dandinette descendre, c’est un peu comme s’il pêchait à tâtons et à l’aveuglette », précisait ce chic type.

Contrairement à l’ensemble des manieurs de canne qui exploitent leur jig directement sur le fond marin, Sébastien touche le fond et remonte le tout d’environ un mètre. Il fait ensuite sautiller le leurre sur lui-même tout en le faisant vibrer subtilement.

À l’occasion, un touladi s’élancera la gueule grande ouverte sur votre jig soit lors de la descente soit au contact du benthos.

Se réinventer

La technique qu’il a améliorée consiste à scruter continuellement l’écran. Dès d’un spécimen s’approche de sa dandinette, il n’attend pas et il la remonte à vitesse modérée en faisant à l’occasion de brèves pauses. En fait, il souhaite faire enrager la grise. « Dès qu’elle voit mon leurre et qu’elle s’y intéresse, je lui enlève. Elle a alors l’impression que son lunch potentiel s’enfuit. Lorsque les truites sont le moindrement actives et réactives, elles font les efforts nécessaires pour rattraper cet attrayant gueuleton », ajoutait Sébastien.

L’utilisation d’un moteur électrique frontal, secondé d’un GPS qui permet de maintenir l’embarcation sur place au-dessus de l’action, est un atout indéniable.

Montage

Sébastien favorise le super fil de 12 ou 15 livres de résistance au bout duquel il attache un bas de ligne invisible en fluorocarbone de 6, 8 ou 10 livres/test, d’une longueur minimale de trois mètres.

Ses leurres préférés, qu’il aime bien empaler sur une tête plombée de 3/8 d’once, sont le Sassy Shad, le Ripple Shad, le Swimmy Fish, le Emerge leurre, le Mister Twister Meeny, le Slow-Roll Shiner swimbait, le Impulse Smelt Minnow, le Bucktail blanc, etc. M. Garneau utilise principalement les modèles mesurant un maximum de 3 ½ de longueur.

Les bons sites

Bien que l’ensemble des structures sous-marines puisse attirer ces ombles gris, notre spécialiste préfère les endroits rocheux escarpés, les murs qui plongent vers les abysses, les pointes profondes qui s’enfoncent jusqu’à 25 ou 30 mètres.

Les périodes d’activité peuvent durer de quelques minutes à plus de 90. Dès que les touladis semblent au rendez-vous, vous pourrez en prendre plusieurs en vous rappelant toutefois que la limite est de deux poissons et qu’il y a une longueur minimale qui s’applique.

Le seul moment où cette approche est moins productive, selon M. Garneau, c’est lors de la pleine lune, car elles sont actives toute la nuit et lorsque le vent souffle de l’est, du nord ou du nord-est. 


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