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Elle implore les Québécois de porter le masque

À 21 ans, elle souffre de maladies chroniques et doit arborer un couvre-visage

Marylou Tremblay
Photo courtoisie Marylou Tremblay, alitée et masquée lors d’un de ses nombreux séjours à l’hôpital. La jeune femme de 21 ans doit porter le masque en raison de la fragilité de son système immunitaire.

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Alors que l’obligation du port du masque demeure critiquée par certains, une jeune femme de 21 ans qui souffre de deux maladies chroniques implore les Québécois de «s’aider» en le portant.

Marylou Tremblay avait treize ans quand les symptômes d’un mystérieux mal ont commencé à se manifester. Nombreuses ecchymoses, fatigue chronique, saignements nasaux : le diagnostic est tombé à quinze ans. 

Il s’agissait d’une rare maladie chronique, caractérisée par l’inflammation des vaisseaux sanguins, qui compte à peine une vingtaine de recensions dans la littérature scientifique. 

Elle a dès lors appris que sa vie ne serait plus jamais la même. Elle a su qu’elle allait devoir se battre.

«Plus de 350 jours d’hospitalisation, trois transferts par avion-ambulance, un mois aux soins intensifs, cinq chirurgies majeures, plus de 20 interventions d’un jour sous anesthésie, [des] traitements par injection, plus de 15 à 20 pilules par jour, deux transfusions sanguines [...] une perte de cheveux complète», énumère-t-elle pour faire état de ce qu’elle a traversé depuis six ans.

Et comme si ce n’était pas assez, un diagnostic supplémentaire s’est ajouté dans les derniers mois : une maladie inflammatoire chronique du gros intestin, plus connue comme la maladie de Crohn.

Marylou, plus souriante, et avec tous ses cheveux, lorsqu’elle peut bénéficier d’un peu de repos entre ses traitements.
Photo courtoisie
Marylou, plus souriante, et avec tous ses cheveux, lorsqu’elle peut bénéficier d’un peu de repos entre ses traitements.

Son quotidien

À travers ce chemin du combattant, la jeune femme de Québec a dû se protéger d’elle-même et des autres. 

«Mon système immunitaire se bat contre moi-même. Aussitôt qu’il y a une bactérie dans mon système, que ce soit l’influenza, la grippe, la gastro ou une petite affaire, ça va se développer 100 fois pire», vulgarise la jeune femme de 21 ans, déménagée à Québec pour se rapprocher des centres de soins.

Pas de choix pour elle : les visites sont réduites, le désinfectant est un essentiel à transporter quotidiennement et le port du masque en public n’est plus une option depuis six ans. Une réalité dans laquelle elle doit vivre depuis son premier diagnostic et qu’elle respecte scrupuleusement pour rester le plus possible en santé.

«C’est sûr que ce n’est pas agréable d’avoir un masque dans le visage à longueur de journée, mais on est tous dans le même bateau», lance Marylou Tremblay.

Si elle dit comprendre la résistance de certains face au port du masque, Marylou appelle les Québécois à être consciencieux de ceux «qui n’ont pas le luxe» d’avoir une santé en béton.

«Pas le choix»

«Peut-être que ça ne vous tente pas, mais parfois on n’a pas le choix. C’est ce que j’ai appris avec la maladie», témoigne-t-elle, racontant avoir appris à vivre avec les regards importuns lorsqu’elle se revêt d’un couvre-visage.

«Ne voyez pas ça comme une corvée, implore-t-elle. Est-ce qu’on peut s’aider et aider les autres? Bien, oui. Sinon, il faut prendre deux minutes et penser : si on ne le fait pas pour nous, pourquoi on ne le ferait pas pour protéger les autres?»