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Elle risque le renvoi à cause d’Ottawa

On estime que le poste d’aide à l’intégration des immigrants de la Française n’est pas un travail «charitable»

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Photo Jonathan Tremblay La Française Ophélie Rivière estime avoir le droit de travailler ici étant donné que son poste aide la communauté. Ça n’a pas empêché Ottawa de refuser sa demande, officialisé dans cette lettre.

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Une immigrante œuvrant pour un organisme qui aide les nouveaux arrivants à s’intégrer est elle-même menacée de se faire expulser du pays d’ici la fin du mois à cause d’un cafouillage administratif du ministère de l’Immigration.

« C’est malheureusement à l’image de beaucoup de dossiers qu’on voit passer », déplore Philippe Dulude, directeur général du Carrefour d’aide aux nouveaux arrivants (CANA), à propos de la demande de nouveau contrat de travail de son employée d’origine française.

Immigrée au Québec depuis un an et demi, Ophélie Rivière, une jeune professionnelle de 30 ans, travaillait jusqu’en avril comme aide aux demandeurs d’asile qui débarquent à Montréal.

Or, elle est maintenant coincée chez elle sans salaire, et est menacée de devoir quitter le pays le 28 juillet au plus tard, si sa situation d’immigration ne se règle pas.

Celle-ci ne réussit pas à obtenir le permis de travail qu’elle a demandé au ministère de l’Immigration il y a des mois déjà.

« Normalement, ça devrait fonctionner, raconte Mme Rivière, dépassée par les événements. Mais [il] en a décidé autrement. »

Deux refus

On lui donne comme raison, après deux refus, que son emploi n’est pas d’ordre « charitable », critère nécessaire afin d’en bénéficier.

« Je ne sais pas ce qu’il faudrait qu’elle fasse de plus, s’emporte Philippe Dulude. Qu’est-ce qui est plus charitable que ce qu’elle fait ? On a besoin d’elle. »

« Excusez-moi, mais on dirait que ç’a été traité par une machine. Il y a quelque chose qui cloche. C’est inacceptable », poursuit-il.

Depuis le début de ses démarches, Ophélie Rivière est passée par toute la gamme des émotions.

« Je me sens lésée, laisse tomber la jeune femme. On dit qu’au Québec, on cherche du monde pour travailler. Et bien, je suis là. Je suis prête. Ça n’a pas de sens. »

L’avocate Justine Basilio a analysé son dossier.

« Il en ressort des décisions difficilement justifiables juridiquement concernant son refus, dit la juriste. Le CANA est non seulement un organisme communautaire, mais il est qui plus est un organisme charitable au nom de la loi sans possibilité d’interprétation de la part des agents d’immigration. »

Mal interprété

Selon l’avocate, ce refus lui paraît entaché « d’une erreur d’interprétation ». 

Elle croit qu’une chose aussi banale que l’appellation de son poste pourrait être en cause.

« J’ai peine à croire qu’on peut dire que ce processus est légitime, se désole Philippe Dulude. Quand un nouvel arrivant vient nous voir, on veut pouvoir lui dire d’avoir confiance en notre système. »


♦ Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada nous a signifié qu’il ne pouvait pas formuler de commentaires sur les détails d’un cas particulier sans un consentement signé par la personne concernée.