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La donneuse de leçons

Élizabeth Brière
Photo d’archives, courtoisie Élizabeth Brière, députée libérale de Sherbrooke

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On aurait cru à un moment déterminant en politique fédérale. Un moment d’indépendance intellectuelle chez les députés libéraux.

La scène a eu lieu en commission parlementaire. L’opposition voulait lancer une autre enquête dans l’affaire WE Charity.

Imaginez ! Son parti dans la tourmente, la libérale Élisabeth Brière a livré un vibrant plaidoyer sur l’importance de l’éthique.

Éthique 101

Elle a cité Montesquieu et l’importance pour les députés d’exiger des comptes du gouvernement. « Le pouvoir doit arrêter le pouvoir. »

Elle a invoqué Alexis de Tocqueville sur l’état de droit, le fait que les membres du cabinet ne peuvent être au-dessus des lois.

Elle a même plaidé que « si Platon nous a appris quelque chose c’est que la recherche du vrai doit être centrale dans notre prise de décision. »

Wow !

Le vrai, le lien de confiance fragile face à un électorat cynique, le rôle crucial de députés libres et indépendants. 

Élizabeth Brière a même ajouté qu’il incombe aux ministres et au premier ministre d’être au-dessus de tout soupçon. 

ÉCOUTEZ la chronique politique d'Emmanuelle Latraverse à QUB Radio:

Quelle verve pour souligner tous les problèmes qui sous-tendent le choix par le gouvernement d’un organisme de charité qui a payé plus de 300 000 $ en honoraires à la mère et au frère du premier ministre dans les dernières années et qui s’est vu confier un lucratif programme de bénévolat.

Des questions légitimes

« Faisons honneur à l’intelligence des Canadiens », a renchéri Élizabeth Brière auprès de ses collègues.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

En effet, les questions sont nombreuses dans cette affaire. 

Quelle coïncidence que WE ait offert une soumission pour gérer le programme de 912 M$ le jour même où Justin Trudeau en a fait l’annonce.

Pourquoi la fonction publique a-t-elle si rapidement conclu que SEUL cet organisme pouvait gérer ce grand chantier de bénévolat pour les jeunes Canadiens ?

Pourquoi le gouvernement a-t-il caché que ce ne sont pas 19,5 M$, mais 43,4 M$ que WE risquait de toucher pour la gestion du programme ?

Pourquoi personne au bureau du premier ministre ne l’a-t-il mise en garde contre le conflit d’intérêts ?

WE Charity a-t-elle contourné les lois sur le lobbying ?

Les libéraux allaient-ils enfin faire patte blanche, jouer le jeu de la transparence ?

Mais non. Ça aurait été trop beau pour être vrai !

Voyez-vous, la députée de Sherbrooke a livré son vibrant plaidoyer sur la démocratie pour conclure que tout ça est un « pseudo-scandale éthique ».

Toujours facile de faire la leçon en politique, surtout quand ça sert à dire : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. »