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Hommage à deux petites filles en or

La tristesse se lisait sur les visages des gens du public venus rendre hommage à Romy et Norah à l’extérieur du complexe Claude Marcoux, à Lévis, hier.
Photo Jean-François Desgagnés La tristesse se lisait sur les visages des gens du public venus rendre hommage à Romy et Norah à l’extérieur du complexe Claude Marcoux, à Lévis, hier.

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«Les enfants, c’est de l’or, on ne peut pas toucher à ça», disait hier une femme venue assister aux funérailles de Romy et Norah, ces deux petites filles de Lévis dont la disparition et la mort ont secoué tout le Québec­­­.

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Les sages paroles de cette dame résument parfaitement, je trouve, pourquoi un tel drame ne devrait jamais se produire. 

Elles résument bien pourquoi deux petites filles ni aucun autre enfant ne devraient jamais connaître un tel sort. Et pourquoi «les âmes les plus innocentes et pleines de vie», comme l’a exprimé leur cousine Laetitia, ne devraient jamais être ainsi emportées.

Touchant portrait

Romy, six ans, la bouffonne gourmande au sourire précieux, une boule de bonheur, un petit ange, un bébé soleil et la girly du duo. Celle qui avait hâte de se maquiller, de se marier, d’avoir des enfants. Celle qui pensait toujours à Norah, sa grande sœur.

Norah, 11 ans, l’artiste ingénieuse, un peu mystérieuse, qui aimait le bleu et non le rose, les LEGO, les zombies, les technologies, qui rêvait de devenir créatrice de jeux vidéo. Elle aimait tenter de comprendre les gens, aimait leur faire plaisir. C’était la scoute de la famille.

Tout au long de cette cérémonie, on a pu apprendre à connaître les fillettes disparues, dont les visages n’ont eu de cesse de défiler dans les médias québécois depuis le lancement d’une alerte Amber, le 9 juillet dernier. Des fillettes qui étaient entourées de beaucoup d’amour, a souligné l’animatrice de la cérémonie, Josée Masson, directrice de l’organisme Deuil-Jeunesse.

«C’est cet amour et cette amitié qui nous déchirent le cœur lorsque la mort passe, mais il ne faut jamais oublier que l’amour, c’est plus gros et plus fort que la mort. Ça reste, ça reste toujours», a-t-elle exposé avec justesse. 

À l’extérieur, une centaine de personnes s’étaient réunies pour assister à la cérémonie retransmise sur écran géant. Parmi elles se trouvaient des enfants, des petites filles en larmes, inconsolables. Ces enfants devront, eux aussi, apprendre à apprivoiser le deuil, ce que l’on n’apprend pas à l’école et qui se vit un pas à la fois, comme l’a décrit Mme Masson.

Pas de mot

«Quand on perd ses parents, on s’appelle orphelin. Quand on perd son épouse, alors on s’appelle veuf. Quand on perd sa jeunesse, bien entendu, c’est vieux que l’on devient. Mais quand on perd son gamin, y’a pas de mot», a écrit Lynda Lemay, dont la très touchante chanson a été interprétée par Mélissa Bédard durant la cérémonie.

Ce deuil s’annonce des plus affligeants pour celle qui a mis ces enfants au monde, et qui doit maintenant apprendre à vivre sans elles pour toujours : leur maman, Amélie Lemieux. Dévastée, elle a pris la parole pour leur rendre un dernier hommage. Elle n’avait jamais pensé que ce titre de mère était prêté, a-t-elle exprimé. 

À nouveau, toutes mes pensées vont vers elle, afin qu’elle puisse continuer à trouver le courage pour traverser cette épreuve. Une épreuve qu’aucune maman, pour aucune raison, ne devrait jamais subir.