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D’entendre à écouter, d’égale à égal

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Capture d'écran, tvanouvelles.ca Souffrir en silence, et souffrir seule, ne peut plus être toléré pour aucune victime.

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Comme tous les parents, rien n’est plus important à mes yeux que le bonheur de mes enfants. C’est donc avec empathie et espoir que j’ai réagi aux manifestations dénonçant les inconduites et agressions sexuelles dimanche dernier.

Comme nous le confiait Patricia Tulasne en entrevue la semaine dernière sur QUB radio, la résonance entre le recours collectif Les Courageuses, qui regroupait une vingtaine de victimes présumées de Gilbert Rozon, et l’approche en vrac des dénonciations sur les réseaux sociaux est frappante. Il s’agit en effet ici de deux approches visant à faire la lumière sur l’ombre de la culture du viol au sein de notre société, un spectre allant de l’inconduite à l’agression sexuelle.

Justice encore inadéquate, dénonciations publiques, accusations anonymes, poursuites en diffamation : la complexité de ces échanges, mais surtout l’importance de les encadrer, impose que nos gouvernements agissent au plus vite.

Travailler toutes et tous ensemble... toute la différence

Heureusement, l’approche rassembleuse du gouvernement Legault sur cet enjeu a déjà porté fruit. En décembre dernier, un comité non partisan, constitué de représentantes des quatre partis présents à l’Assemblée nationale, innovait en annonçant l’octroi d’une subvention pour un projet pilote d’accompagnement juridique prodigué par Juripop. Aujourd’hui, en pleine vague de dénonciations, l’organisme ouvre jusqu’à 30 recours judiciaires par jour !

Malgré certains changements au sein de ses membres, ce comité multipartite a continué son travail, en public comme en coulisses. On a trop peu parlé de l’adoption en juin dernier du projet de loi 55 qui a aboli toute limite de temps pour intenter une poursuite civile contre un présumé agresseur.

Agir au plus vite

Nous devons miser sur l’engagement de ces représentantes de tous les partis, de Véronique Hivon, instigatrice de ce comité et à l’origine de l’idée de la création d’un tribunal spécialisé en crimes sexuels, jusqu’à la nouvelle recrue, Isabelle Melançon, pour qui « il faut démontrer qu’on est capable d’aller au rythme de l’actualité ».

Parce que force est d’admettre qu’il s’agit, bien au-delà de chaque cas individuel, d’un problème collectif, d’un enjeu de société. Souffrir en silence, et souffrir seule, ne peut plus être toléré pour aucune victime.

S’ouvrir les yeux

Aujourd’hui, j’entends, je vois et j’écoute ces jeunes femmes à qui on avait promis les mêmes chances que leurs congénères masculins, dénonçant le fait que, souvent, une majorité d’hommes dans leur vie sont aussi inconscients des abus que du privilège acquis d’être né homme, toutes origines et classes sociales confondues.

C’est en 2014, alors que j’étais député à la Chambre des communes, que ma jeune cheffe de bureau m’interpellait sans détour, rappelant que j’étais le premier au front pour dénoncer l’inaction du Parlement face aux crises climatique et médiatique, mais tendais à laisser à mes collègues féminines la défense active de l’égalité des genres...

Rien n’était pourtant plus important à mes yeux que le bonheur de mes filles.