/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Des petits êtres fragiles?

Coup d'oeil sur cet article

Ces jours-ci, les vagues de dénonciations touchent tous les milieux. Récemment, c’est le milieu littéraire québécois qui a été secoué. Un groupe de 300 « femmes et minorités de genres » a signé une lettre dénonçant la « culture du silence » qui y règne.

  • ÉCOUTEZ Sophie Durocher:

Si des gestes criminels ou déplacés sont posés, dénonçons-les ! Mais plusieurs passages de cette lettre m’ont paru tirés par les cheveux, comme si les femmes avaient besoin d’être surprotégées.

DANS MON LIVRE À MOI

Après avoir dénoncé le fait que l’alcool coule à flots dans le milieu littéraire, les signataires écrivent : « Nous proposons aux festivals, aux librairies et à tout autre organisme culturel, entreprise ou individu organisant des événements littéraires – du plus officiel des galas au plus officieux des partys – de s’assurer de la présence d’un minimum de deux femmes et minorités de genre compétentes et bienveillantes qui restent sobres tout le long de l’événement. Leur rôle serait de veiller au bien-être et à la sécurité de tout le monde ».

Les femmes sont donc des petits êtres fragiles qui doivent être protégés des vilains prédateurs, grisés par l’alcool, et il leur faut des « chaperon.e.s » ? 

Comme dans le temps de nos grands-parents qui ne pouvaient pas veiller sur le balcon sans la présence de Madame BecSec ?

Attendez. Ce n’est pas tout.

« Nous demandons que les critiques littéraires réfléchissent à la fétichisation de la “jeune autrice’’, de ‘‘l’autrice endommagée/traumatisée’’ ou de ‘‘l’autrice trash’’. Ce sont des archétypes dangereux, car en plus d’être capacitistes et âgistes, ils accentuent la vulnérabilité des principales intéressées. Ils détournent l’attention des œuvres en plus d’attirer les prédateurs du côté des autrices. »

Interviewée par Radio-Canada, une des signataires de la lettre, Mélissa Verreault, a pris l’exemple de Nelly Arcan. 

« C’était une femme brillante, mais elle a été cantonnée à ce personnage de prostituée et cela l’a menée à sa perte. »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Le premier roman de Nelly Arcan s’intitulait PUTAIN ! Il aurait fallu que les critiques littéraires ne lui parlent pas de prostitution ?

Et il aurait fallu lui parler de quoi quand elle a sorti son deuxième roman, Folle ?

UN CONTE POUR ENFANTS

Les signataires demandent que « les journalistes, critiques, libraires, professeures et professeurs réfléchissent à leur façon d’entrer en contact avec les autrices ». Donc, ne les contacter que par courriel... et jamais la nuit.

Autre extrait de la lettre : « Lors des Salons du livre et des tournées de promotion, il est primordial que les éditrices et éditeurs ainsi que les programmeuses et programmeurs littéraires s’assurent de la sécurité des femmes et minorités de genre. [...] 

Si on leur laisse la responsabilité de se loger, il faut s’assurer de leur bien-être et ne jamais rester dans un flou impressionniste qui les fragilise. Nous demandons à ce qu’on rende sécuritaire leur hébergement, mais aussi leurs déplacements ».

En plus des chaperons, des gardes du corps ?

Enfin, les signataires demandent de produire à l’intention des jeunes femmes (et minorités de genre) qui débutent en littérature un document qui « répertorierait le type de comportements abusifs de certaines personnes en situation de pouvoir ».

Attendez, j’ai une idée de titre pour le document : Le petit chaperon rouge innocent et le vilain gros méchant loup.

Dieu que je m’ennuie du temps où le féminisme responsabilisait les femmes au lieu de les victimiser. 

Où on les traitait en adultes, et non en petits enfants.