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La qualité de l’air s’améliore dans l’est de Montréal

La qualité de l’air s’améliore dans l’est de Montréal
Joël Lemay / Agence QMI

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MONTRÉAL – La qualité de l’air s’est améliorée en 2019 dans l’est de Montréal, mais deux endroits révèlent une concentration d’arsenic dépassant nettement les normes provinciales. 

Ce dernier constat a été établi à deux stations de mesures des concentrations ambiantes des métaux situées au Centre récréatif Édouard-Rivet sur la rue Notre-Dame Est et sur le terrain de l’usine Chimie Parachem Sec, sur l’avenue Broadway. Leur indice, évalué en ng/m3, est respectivement de 5,1 et de 5,4, alors que la norme provinciale est de 3.

L’ajout de ces deux stations avait été recommandé par la Direction régionale de santé publique (DRSP) en 2018 en raison de la forte concentration d’arsenic qu’émettait l’affinerie de cuivre CCR, située sur l’avenue Durocher, à Montréal-Est. La DSRP expliquait également que l’usine de transformation de cuivre CCR ne serait pas la seule source d’arsenic dans le secteur.

La qualité de l’air s’améliore dans l’est de Montréal
Joël Lemay / Agence QMI

«On demeure préoccupés sur les impacts que ça peut avoir sur la population», a dit mercredi le Dr David Kaiser de la DSRP, accompagné en point de presse de la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, et du maire de Montréal-Est, Robert Coutu.

«La Ville de Montréal investigue actuellement pour identifier les autres sources possibles afin que l’on puisse les réduire à la source et que ces émanations respectent les normes. Nous devons aller plus loin pour [nous] assurer que les taux d’arsenic respectent les normes applicables», a mentionné Mme Bourgeois.

Les sources d’arsenic dans l’air ambiant proviennent des activités industrielles, de l’incinération des déchets et de l’utilisation de combustibles fossiles.

Selon le Dr Kaiser, l’exposition à l’arsenic pour une longue période pourrait causer le cancer du poumon. «Dans les niveaux [d’arsenic] qu’on voit à Montréal, on ne s’attend pas à avoir une augmentation significative des cancers du poumon», a-t-il assuré.

  • Écoutez l'entrevue du Dr Kaiser à QUB Radio:

«Ces niveaux sont trop faibles pour qu’on puisse observer des effets sur la santé reliée à l’exposition environnementale à l’arsenic pour la population habitant à côté de la raffinerie», a ajouté le maire de Montréal-Est, Robert Coutu.

La DRSP émet quelques recommandations, notamment que la Ville de Montréal intègre le suivi à long terme des concentrations atmosphériques de métaux dans les secteurs touchés à son réseau de surveillance de la qualité de l’air et rende les données disponibles sur son site internet.

Amélioration

De 2016 à 2019, la DRSP fait part dans son avis sur les émissions atmosphériques d’arsenic dans l’est de Montréal d’une diminution de 20% de la concentration d’arsenic sur le territoire.

«La qualité de l’air serait maintenant comparable à celle ailleurs sur l’île de Montréal», a dit Mme Bourgeois quant à ce fait.

CCR avait été critiqué dans le passé pour la concentration trop élevée d’arsenic qu’elle dégageait. Selon une étude faite en 2019 au niveau de son nouveau dépoussiéreur, cette concentration aurait diminué de 50% annuellement et de 75% sur une période de huit ans.

La qualité de l’air s’améliore dans l’est de Montréal
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

«Les mesures que CCR a mises en place ont eu un impact significatif sur leurs émissions», a expliqué le Dr Kaiser. Par cet exemple, il croit qu’il est possible d’atteindre les normes provinciales aux deux stations de mesures.

CCR a réagi par communiqué. «Nous sommes satisfaits des résultats obtenus qui nous permettent de respecter les normes auxquelles nous sommes assujettis. Nous réitérons notre engagement à poursuivre le suivi des concentrations atmosphériques de métaux aux stations d'échantillonnage ainsi qu'à améliorer de façon continue les mesures de mitigation en place», a dit le directeur général de l'affinerie, Denis Beaulieu.

Depuis 2018, l'affinerie CCR a procédé à des investissements de près de 30 M$ pour améliorer son bilan d'émissions atmosphériques, a-t-elle précisé.