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Edgar Fruitier coupable de gestes sexuels sur un ado

La victime a été soulagée en entendant le verdict du juge

palais2020/06/08
Photo d’archives, Chantal Poirier Le comédien Edgar Fruitier a été déclaré coupable mercredi de deux chefs d’attentat à la pudeur.

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Le comédien et animateur Edgar Fruitier a été reconnu coupable mercredi d’avoir attenté à trois reprises à la pudeur d’un adolescent qui le considérait comme son « grand frère », il y a plus de 45 ans.

« Les gestes étaient bien réels et ne prêtaient à aucune équivoque, a tranché le juge Marc Bisson en rendant son verdict, au palais de justice de Longueuil. Le plaignant a offert un témoignage franc, sincère, dépourvu de toute exagération. »

L’accusé de 90 ans a accueilli la décision sans broncher. Affublé d’un masque, le nonagénaire avait de la difficulté à se déplacer.

La victime, qu’on ne peut identifier en raison d’un interdit de publication, était, elle aussi, présente. Maintenant adulte, l’homme était ému et semblait soulagé en voyant son agresseur être reconnu coupable.

« Ça fait 46 ans que j’attends ça, a-t-il laissé tomber, en remerciant le juge de l’avoir cru. C’est un poids énorme de moins pour moi. »

Soulevé de terre

Les premiers gestes interdits remontent à l’été 1974, alors que le plaignant avait 16 ans.

L’adolescent considérait alors le mélomane comme son « grand frère ».

Celui qui a prêté sa voix à Mr. Burns dans la populaire émission Les Simpson lui avait dégoté un emploi dans un théâtre en Estrie et lui avait proposé de l’héberger dans son chalet, à Eastman. Un soir, Fruitier a agrippé le jeune par-derrière au point de le soulever de terre, alors qu’ils étaient dans la cuisine.

« J’ai rien entendu, il est arrivé en arrière de moi pour m’agresser, pour me prendre », a relaté la victime lors de son témoignage.

L’homme de théâtre lui a alors touché les parties génitales et a tenté de défaire son pantalon.

La victime a toutefois réussi à se déprendre de l’étreinte, puis est partie en courant au théâtre.

« L’accusé, pour rassurer le plaignant et le mettre en confiance, lui a aussi dit : “Ça s’arrête là, il ne se passera plus rien”. Cette déclaration de l’accusé permet de tirer l’inférence que le geste posé par l’accusé était à caractère sexuel », a estimé le magistrat.

Prison ?

Or, des gestes similaires se sont produits à deux autres reprises, en 1976, au domicile de l’accusé, à Brossard, où la victime avait été embauchée pour faire du ménage.

Edgar Fruitier n’a jamais témoigné pour sa défense. C’est par la voix de son avocat, Robert Polnicky, qu’il a fait connaître sa version de l’histoire, affirmant qu’il n’avait jamais eu d’intention sexuelle et qu’il s’agissait seulement de voies de fait.

Les observations sur la peine de l’aîné auront lieu le 9 octobre prochain. La procureure de la Couronne n’a pas encore annoncé ses intentions quant à la sentence, mais Fruitier est passible d’un maximum de 10 ans d’emprisonnement.