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Normandeau dit avoir tout fait pour être jugée

Elle estime faire les frais des requêtes de ses coaccusés

L’audition de la requête Jordan, déposée par l’ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau, se poursuivra jusqu’à vendredi au palais de justice de Québec.
Photo Jean-François Desgagnés L’audition de la requête Jordan, déposée par l’ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau, se poursuivra jusqu’à vendredi au palais de justice de Québec.

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Nathalie Normandeau a tout fait pour obtenir un procès qu’elle n’aura « probablement jamais », se désole son procureur, qui réclame désormais l’arrêt des procédures pour des délais « déraisonnables ».

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À l’occasion de la deuxième journée d’audition de la requête Jordan, mercredi, Me Maxime Roy a rappelé que sa cliente l’avait mandaté dès le début pour qu’elle puisse avoir un procès au plus vite, dans la foulée de son arrestation par l’UPAC en mars 2016, il y a plus de quatre ans.

Sans blâmer ouvertement ses coaccusés (Marc-Yvan Côté, François Roussy, Bruno Lortie, France Michaud et Mario Martel), Mme Normandeau estime néanmoins qu’elle a fait les frais de leur croisade devant la Cour suprême.

Ces derniers s’étaient adressés, en vain, au plus haut tribunal du pays dans l’espoir de contraindre une journaliste à révéler ses sources pour identifier les auteurs de fuites, dans le cadre d’une autre requête visant à faire tomber le procès.

Cette requête n’a pas encore été tranchée et devra l’être avant la tenue du procès, a déjà statué le juge André Perreault. Les procureurs attendent désormais les conclusions de l’enquête Serment sur les fuites, réalisée par le Bureau des enquêtes indépendantes, qui pourrait s’étirer sur un an ou deux, peut-être plus.  

  • Écoutez le commentaire d'Éric Duhaime au micro de Pierre Nantel, sur QUB Radio:  

L’avocat de Marc-Yvan Côté, Me Jacques Larochelle, estime dans les circonstances qu’un procès ne pourra être tenu avant la fin 2021 ou même 2022. Pandémie ou non, « on parle d’un dossier où le délai global sera vraisemblablement de l’ordre des six ans », a martelé Me Larochelle.

Une « clé de bras » juridique

Mme Normandeau a été victime d’une « clé de bras » juridique, a exprimé Me Roy, ajoutant que sa cliente – qui fait face à des chefs d’abus de confiance, fraude envers le gouvernement et corruption dans les affaires municipales – n’est « aucunement responsable de la situation ».

« Ce n’est pas elle qui a décidé d’assigner Marie-Maude Denis ; ce n’est pas elle qui a décidé d’amener le dossier jusqu’à la Cour suprême », a insisté l’avocat, rappelant qu’elle a même réclamé un procès séparé.

« Tout le monde, à différents degrés, a manqué à Mme Normandeau, qui ne souhaitait qu’avoir un procès dans un délai raisonnable », a renchéri Me Roy, réitérant que le plafond de 18 mois, établi par l’arrêt Jordan, a été « largement dépassé » et que le ministère public en est le principal fautif. 

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales exposera ses arguments jeudi et vendredi.