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«C’est de la mauvaise foi»

Yvon Michel accepte mal les combats permis au hockey mais pas sur le ring

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc Yvon Michel prenant la parole lors de la conférence de presse du 17 février à Québec pour la présentation du combat entre Artur Beterbiev et Fanlong Meng qui n’a finalement pas eu lieu en raison de la pandémie.

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La santé publique estime qu’il y a une différence entre les combats de boxe et les bagarres au hockey et c’est pourquoi elle n’a pas l’intention d’interdire ces dernières, comme le rapportait Le Journal jeudi. Une position que peine à comprendre le président du groupe GYM, Yvon Michel.

La porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Hélène Émond, a donné une précision à une question du Journal qui était demeurée sans réponse, jeudi.

La question était toute simple : qu’est-ce qui différencie un combat de boxe d’un combat au hockey et pourquoi l’un est interdit et l’autre non ?

« Nous considérons qu’il y a une différence entre la pratique de la boxe, qui est essentiellement composée de contacts étroits entre deux adversaires, et ce, durant toute la durée du combat, et la pratique du hockey sur glace où les bagarres sont moins fréquentes et les contacts moins prolongés. C’est la notion de durée des contacts qui s’applique », nous a-t-elle répondu par courriel, jeudi.

Mme Émond a par la suite répété que « le retour aux combats de boxe n’est toujours pas prévu pour l’instant. »

« L’angle qui fait leur affaire »

Mis au parfum de la position de la santé publique, Yvon Michel n’a pas mâché ses mots.

« Si quelqu’un a la COVID-19 et se bat au hockey, il va la transmettre à l’autre, et c’est la même chose à la boxe. La santé publique a une mauvaise compréhension de ce qu’on propose, et ils utilisent un angle qui fait leur affaire. Ils continuent de répéter qu’à cause de la proximité, les chances sont plus grandes de transmettre la maladie. Mais ça, on est d’accord avec eux ! Ce qu’on propose, c’est un protocole qui va permettre la pratique sécuritaire du sport. Je trouve que c’est de la mauvaise foi de la part de la santé publique. »

Le promoteur s’est dit déçu et surpris de la position du gouvernement dans le dossier.

« Dans tous les domaines, ils ont fait preuve de créativité afin d’aider tout le monde à repartir tout en mesurant les risques. Par contre, avec nous, ils s’entêtent à ne pas vouloir avoir de dialogue et je ne sais pas pourquoi. »

L’exemple de Clavel

Yvon Michel est revenu sur l’exemple de Top Rank, qui a organisé 13 galas de boxe depuis le 9 juin dernier, dont le plus récent mardi soir dernier à Las Vegas, auquel la boxeuse québécoise Kim Clavel a participé.

« Je ne vois pas comment un gala de boxe peut être un danger pour la santé publique s’il y a un protocole strict de mis en place. On s’assurerait que les boxeurs qui participent soient suivis comme ç’a été le cas pour Kim Clavel et comme ce sera le cas pour [Eleider] Alvarez [qui affrontera Joe Smith le 22 août à Las Vegas, NDLR]. Top Rank a réussi à éliminer tous les risques grâce à un filet très serré et ç’a été un succès sur toute la ligne. Aucun participant n’a été contaminé », rappelle-t-il.