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Silence, on tourne

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Photo Facebook Dans un contexte de pandémie et afin d’éviter une deuxième vague, doit-on regarder son nombril ou poser des gestes de solidarité entre Québécois ?

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Nos téléphones nous permettent aujourd’hui de saisir les moments précieux de nos vies.

Ces mêmes appareils permettent également de capter certains événements « en direct » qui constituent des preuves irréfutables d’actions pouvant être malveillantes.

Cette époque vidéo a de bons côtés, certes, mais certains utilisent cette technologie dans le simple but de provoquer.

Les dilemmes du citoyen

Armé de mon masque, je me présente à l’un de mes commerces de détail favori. On me demande de me laver les mains, on me donne un panier fraîchement désinfecté et on m’indique de garder deux mètres de distance avec les autres clients.

En me promenant, je remarque qu’un homme ne porte pas de masque.

C’est peut-être un oubli ? Devrais-je lui dire ou pas ?

Un employé indique au client qu’il doit le porter. Soupir de soulagement, car je n’aurai pas besoin d’intervenir.

Le client demande de rencontrer le gérant et rapide comme Speedy Gonzalez, il sort son téléphone intelligent et se met à filmer. « Je suis au commerce X et on me demande de porter un masque ? »

Nouveau dilemme. J’interviens pour lui dire qu’il exagère ou pas ? Est-ce que c’est ma responsabilité d’intervenir au nom de celles et ceux qui observent et ne disent rien ?

Lumière, caméra, action !

Le gérant s’amène visiblement mal à l’aise d’entamer cette discussion. Dès le début, l’homme lui demande de répéter la directive à la caméra, comme s’il avait pris la décision d’imposer cette consigne.

L’homme lui lance : « Je suis asthmatique et tu veux me forcer à porter un masque ? » Le gérant lui répond qu’il n’a pas de preuve de son état de santé et qu’il n’a pas le choix d’appliquer les règles sous peine de sanctions.

Le décret du gouvernement du Québec indique d’ailleurs qu’il y a des exceptions au port du masque, notamment lorsque la personne « déclare que sa condition médicale l’en empêche ».

D’accord, mais comment on vérifie cela et est-ce qu’une démarche est définie et comprise de tous à cet effet ?

Ce réflexe vidéo se multiplie sur les réseaux sociaux, ce qui fait plaisir aux apôtres anti-masque.

Mais pour la majorité d’entre nous, ces images sont celles de l’égoïsme, du manque de responsabilité et de respect entre concitoyens.

Ne tirez pas sur le messager

Les propriétaires de commerce sont placés devant une situation surréelle. Ils doivent exiger le respect des règles élémentaires pour éviter une deuxième vague de la pandémie au risque d’irriter, de décevoir ou de voir disparaître une partie de leur clientèle récalcitrante.

Ils n’ont pas demandé cette responsabilité additionnelle et doivent déjà assumer les conséquences de la pandémie.

Les récalcitrants au port du masque évoquent la liberté pour justifier leur refus. Comme quoi la liberté est un principe élastique qui s’applique uniquement pour soi et pas pour les autres.

C’est justement cette même liberté qui doit permettre aux commerces de reprendre leurs activités pour le bien-être des gens qui y travaillent et de notre économie.