/misc
Navigation

Trump, président raciste, mais pas le premier!

Trump, président raciste, mais pas le premier!
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Le candidat démocrate aux présidentielles de novembre, Joe Biden, a déclaré que Donald Trump était le «premier» président raciste des États-Unis. Il ne connaît pas l’histoire de son pays. Non seulement des racistes se sont-ils succédé à la Maison-Blanche, mais plusieurs d’entre eux étaient aussi propriétaires d’esclaves.

Sur les 55 délégués à la Convention constitutionnelle de 1787 qui claironnent que «tous les hommes sont égaux», la moitié, 27, sont propriétaires d’esclaves, dont George Washington lui-même, qui en avait 300. Au total, 12 présidents — plus du quart de tous les présidents américains — ont été propriétaires d’esclaves au cours de leur vie, huit d’entre eux pendant leur présidence. La Maison-Blanche a été construite par des esclaves noirs qui y agissaient également comme serviteurs.

Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis et principal auteur de la Déclaration d’indépendance, qui proclame que tous les êtres humains sont égaux et qu’ils ont droit au bonheur, est lui-même propriétaire de plusieurs centaines d’esclaves, parmi lesquels une petite fille nommée Sally Hemings. Pendant son premier mandat comme président, Jefferson, dans la quarantaine, oblige cette jeune esclave, âgée de 14 ans, à avoir des relations sexuelles avec lui. À 16 ans, elle a son premier enfant avec Jefferson, qui lui en fera cinq autres.

On peut lire partout que Hemings est la maîtresse de Jefferson. Elle n’est pas la maîtresse du président: elle lui appartient. Elle est sa propriété, littéralement et légalement. Esclave, elle n’est pas en mesure de donner ou de refuser son consentement à des relations sexuelles avec son maître. Elle doit se soumettre à ses volontés. Jefferson ne reconnaîtra jamais la paternité des enfants qu’il lui a faits. Juste avant sa mort, en 1826, il se contente d’accorder la liberté aux enfants conçus par son esclave.

En 2011, la Thomas Jefferson Heritage Society suggère, comme pour atténuer la responsabilité du président, que son jeune frère, Randolf, est peut-être le père de certains des enfants de Sally Hemings.

Des statues de Washington et de Jefferson comptent parmi celles qui ont été renversées lors des troubles raciaux résultant de l’assassinat du Noir George Floyd par la police de Minneapolis en juin dernier.

Voici quelques présidents qui ont eu des esclaves. Andrew Jackson a acheté son premier esclave afro-américain en 1794. Au cours des 66 années qui ont suivi, la famille Jackson a possédé plus de 300 hommes, femmes et enfants afro-américains asservis. Ce nombre avait augmenté par acquisition et reproduction.

Jackson encourageait ses esclaves à former des unités familiales, une pratique courante chez les propriétaires d'esclaves. Bien que les esclaves ne puissent pas être légalement mariés, ces «mariages de plantations» permettaient la création de familles d'esclaves, augmentaient le nombre des asservis et décourageaient les fuites. Il était pratiquement impossible, pour une famille entière, de fuir les lieux de sa captivité en toute sécurité.

Zachary Taylor, qui a servi de 1849 à 1850, a été le dernier président à avoir des esclaves alors qu’il était à la Maison-Blanche. Il en possédait quelque 150 dans des plantations au Kentucky, au Mississippi et en Louisiane.

Le dernier président à avoir possédé personnellement un esclave était Ulysses S. Grant, le commandant en chef des armées de l’Union durant la guerre de Sécession! Il servit deux mandats entre 1869 et 1877. Il avait eu un esclave noir dans les années précédant la guerre civile, mais lui avait accordé sa liberté en 1859.

Et la Cour suprême des États-Unis, là-dedans, vous demandez-vous? En 1857, elle a statué que le Congrès n'avait pas le droit d'interdire l'esclavage sur un territoire américain. Toute interdiction de l'esclavage était une violation du Cinquième Amendement, qui prohibait l'annulation des droits de propriété sans procédure régulière

Le juge en chef des États-Unis, Roger Taney, avait eu des esclaves, tout comme quatre autres juges sudistes de la Cour. Il ne restait plus que le recours aux armes pour régler le conflit entre les États esclavagistes et les États du Nord qui y étaient opposés.