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À l’an prochain Montréal

Le Grand Prix du Canada de Formule 1 est annulé

Grand Prix du Canada - Formule 1
Photo d’archives, Martin Chevalier Le Montréalais Lance Stroll et les 19 autres pilotes de F1 ne courront pas au circuit Gilles-Villeneuve cette année.

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Le verdict sans appel et surtout sans surprise est tombé sous le coup de 10 h vendredi matin. Le grand cirque de la Formule 1 n’effectuera pas sa halte annuelle au circuit Gilles-Villeneuve en 2020, dans la foulée de la pandémie de coronavirus.

Le promoteur du Grand Prix du Canada, visiblement ébranlé lors de son allocution, y a pourtant cru jusqu’à la dernière minute. 

Tournant

Mais à partir du moment où la santé publique lui a indiqué, il y a trois semaines, que l’événement touristique le plus important au pays devait se dérouler sans spectateurs, François Dumontier a commencé à avoir de sérieux doutes.

« Ç’a été le point tournant, a-t-il déclaré lors de son point de presse. Quand, en fait, les autorités concernées nous ont fait savoir que si le Grand Prix avait lieu en octobre, ce serait à huis clos. 

« Dès lors, j’ai bien réalisé que ce n’est pas plus viable pour mon organisation », a-t-il renchéri.

Initialement fixée au 14 juin, la course, selon le souhait de son promoteur, avait été reportée au 11 octobre.

« Cette date avait été approuvée par la F1, a-t-il souligné, mais c’était un véritable casse-tête. Une journée, on avait un calendrier, et le lendemain, il n’existait plus. »

Vers un échec financier

Les principales sources de revenus d’un promoteur de Grand Prix sont la billetterie, les loges corporatives et les concessions. Or, sans la présence du public sur le site, Dumontier se dirigeait tout droit vers un échec financier dont sa compagnie [Octane Management] ne se serait jamais remise.

« Il va falloir que l’on tienne les cordons de la bourse serrés au cours des prochains mois, a poursuivi Dumontier. La survie de notre entreprise n’est pas en péril, même si nous n’avons aucun revenu depuis mars. En contrepartie, on n’a pas eu trop de dépenses non plus.

« Néanmoins, on a tout tenté jusqu’à la veille de notre annonce pour sauver notre événement, a poursuivi le promoteur. Plusieurs scénarios étaient sur la table.

« Les divers paliers de gouvernements avaient accepté de nous compenser financièrement, mais ça n’aurait pas été suffisant. Il nous en fallait davantage », a-t-il ajouté.

Chaque promoteur de Grand Prix doit non seulement payer les frais de transport de l’équipement, estimés à environ 10 millions $, et aussi les frais d’entrée exigés par la F1, ce qui représente environ 30 millions $ supplémentaires à ajouter à la facture.

« Il aurait fallu, et encore là, ça aurait été difficile, qu’une autre course de F1 soit organisée dans les Amériques pour nous permettre de partager les frais de transport », a souligné Dumontier.

Exemption acceptée

Mais voilà que les trois autres courses prévues sur notre continent cet automne, au Texas, au Mexique et au Brésil, tous des endroits considérés comme des épicentres de la COVID-19, ont elles aussi été annulées vendredi par la direction de la F1.

« Ça ne valait pas la peine pour la F1 de venir de ce côté-ci de l’Atlantique que pour une seule course », a indiqué Dumontier.

Le règlement de la F1 stipule qu’un championnat est valide s’il comporte huit épreuves (condition qui sera remplie au GP d’Italie le 6 septembre) et est présenté sur trois continents.

Or, la F1 a demandé une exemption en cette période exceptionnelle auprès de la Fédération internationale de l’automobile, qui l’a acceptée.

La saison 2020 ne se déroulera évidemment pas sur trois continents. Lewis Hamilton peut donc espérer remporter son septième titre pour rejoindre le meneur de tous les temps, Michael Schumacher.


Les détenteurs de billets sont invités à les conserver pour le prochain Grand Prix du Canada en juin 2021. Par contre, une politique de remboursement sera mise en place pour ceux qui le souhaitent.